Un ministre algérien affirme que le «lobby juif» a porté Sarkozy au pouvoir

Publié le par Gérard

A cinq jours de l’arrivée de Nicolas Sarkozy en Algérie, c’est le genre de déclaration impardonnable. Dans une interview au quotidien algérien El Khabar, le ministre des Moudjahiddines, Mohamed Cherif Abbés estime que le chef de l’Etat français doit son élection au «lobby juif» et insiste sur «les origines du président français et les parties qui l’ont amené au pouvoir».

Mercredi, Mohamed-Cherif Abbas s’est déclaré «étonné et mécontent» des réactions suscitées par ses propos, sans les démentir formellement. Il ajoute qu’il «ne peut assumer les spéculations irresponsables d’un quelconque journal sur un chef d’Etat ami, plus spécialement à la veille de sa visite en Algérie».

Dans l’interview publiée lundi et disponible en ligne, le dirigeant algérien indique également que la composition du gouvernement d’ouverture est le «résultat d’un mouvement qui reflète l’avis des véritables architectes de l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, le lobby juif qui a le monopole de l’industrie en France».

Mohamed Cherif Abbés estime qu’une relation de parité entre Paris et Alger «n’est pas envisageable, les Français ne sont pas prêts, et en particulier durant le mandat de M. Sarkozy». Un peu plus loin, il précise: «Si la France ne reconnaît pas les crimes qu’elle a commis en Algérie, une normalisation ou une réconciliation n’est pas envisageable. Les relations ne dépasseront pas le cadre des échanges commerciaux. Parler d’un traité d’amitié ou de réconciliation sans excuses ?….impossible.» La venue du président français est, selon, une «visite de courtoisie, sans plus, qui vise à garder les relations bilatérales actuelles en attendant de voir ce que nous réserve l’avenir».

Le ministre exprime ensuite des réserves sur le projet d’Union méditerranéenne que Nicolas Sarkozy entend lancer entre le Maghreb et l’Europe. «Il cherche une politique qu’il peut “sarkoziser” et je crois qu’il s’est un peu précipité. […] La position de l’Etat n’a pas changé, il ne reconnaît pas ces projets car il ne connaît pas leur contenus.»

Enfin, il déclare que la «venue d’Enrico Macias est une provocation», comme l’a été celle, à ses yeux, de Hamlaoui Mekachera, l’ex-ministre délégué aux Anciens combattants de Jacques Chirac.

Lundi, le chanteur français a précisé qu’il ne se rendrait finalement pas en Algérie, son pays natal.

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