Un dimanche, quatre meetings, quatre styles

Publié le par Gérard

François Bayrou, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan ont tenu meeting dimanche 25 mars 2012. 
François Bayrou, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan ont tenu meeting dimanche 25 mars 2012. 
(AFP/ MONTAGE FTVI)
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Premier dimanche de campagne à proprement parler. Après les tueries de Toulouse et Montauban qui ont momentanément suspendu la course à l'Élysée. Après Nicolas Sakory et François Hollande samedi. Et une semaine après la publication par le Conseil Constitutionnel de la liste officielle des dix candidats à l'élection présidentielle, quatre d'entre eux tenaient meetings. Best of et décryptage. 

Nicolas Dupont-Aignan: "Faisons le ménage"

 


 

Crédité de 0,5 à 1,5% d'intentions de vote dans les sondages, le candidat de Debout la République a proposé au millier de ses partisans réunis salle Equinoxe à Paris de "faire le ménage car l'intérêt national l'exige". Et souhaité une France "libre et rassemblée", qui "maîtrise son destin" et affranchie de l'Union Européenne et de l'Otan.

 

Se faisant le chantre d'"une autre politique", "NDA" comme le scande ses supporters, drapeaux tricolores en main, a épinglé un par un ses adversaires: Nicolas Sarkozy, "recordman des annonces jamais suivies des faits", François Hollande, "quel changement? Lui qui se couche devant l'Organisation Mondiale du Chômage..du Commerce!". Sans oublier, François Bayrou "l'enfant caché de Sarkozy et Hollande", Jean-Luc Mélenchon, qui ira "sur le pédalo socialiste avec joie",  et Marine Le Pen, "fausse alternative".

 

• François Bayrou: le "redressement" et "la vérité"

 


 

Dans un discours fleuve d'1 heure 30 devant près de 5 000 sympathisans et militants centristes survoltés réunis au Zénith à Paris, François Bayrou s'est voulu le candidat d'une France redressée. "Quand les fins de mois commencent le 15 du mois, la République est malmenée", explique le patron du MoDem qui décrit cette France "maltraitée" par la crise mais pas seulement. 

"Depuis 15, 20 ou 30 ans, les deux mêmes partis gouvernent", lance le centriste alors que la salle hue l'UMP et le PS, "un pas en avant, un pas en arrière sur le chemin d'un pays en déclin". Drapeaux européens et bleu-blanc-rouge à bout de bras, le public applaudit à tout-rompre la plupart des nombreuses propositions détaillées par le candidat et entame régulièrement "il est vraiment phénoménal..."

Le troisième homme de 2007 à la peine dans les sondages, s'est réclamé de "Pierre Mendes-France, Valéry Giscard d'Estaing, Raymond Barre, Jacques Delors et Michel Rocard, [...] tous de la même famille politique, celle des serviteurs de la vérité". Il a érigé comme priorité celle de "s'attaquer au surendettement de la France", afin qu'elle retrouve "indépendance et fierté", "se redresse" ou encore "se relève".

 

 

Marine Le Pen: "le danger islamiste"

 


 

A Port Lavigne près de Nantes, Marine Le Pen a entièrement axé son discours sur la sécurité et la lutte contre l'islamisme. Après avoir demandé "combien de Mohamed Merah" se trouvaient en France, la candidate, qui ne voulaient pas être accusée de récupération, fait directement le lien entre les tueries de Toulouse et Montauban et l'immigration. Elle a entamé un refrain ultra sécuritaire, familier du Front National. 

Devant près de 1 500 militants, dont certains réclament le retour de la peine de mort, Marine Le Pen a affiché sa volonté de "mettre l'islam radical à genoux", de se battre contre "l'islamo-gauchisme" ou encore "le danger du fascisme vert" [en référence à la couleur de l'islam]. Et de décliner diverses propositions comme la restriction drastique de l'immigration légale, le port d'un bracelet électronique pour les Français qui rentreraient d'Afghanistan ou du Pakistan ou encore la surveillance des prêches dans les mosquées.

Dénonçant des "quartiers" aux mains "du deal et de l'islam" elle a promis que si elle était élue "partout les forces de l'ordre rentreront, partout elle retrouveront le pouvoir"

 

Outre ses virulentes sorties contre l'islam et l'immigration, Marine Le Pen s'en est pris également à "ces infâmes" Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou, avec qui elle fait jeu égal dans certains sondages. "Ils sont politiquement et moralement disqualifiés", dixit la patronne du FN qui a brocadré "des candidats du système".  

 

• Jean-Luc Mélenchon : comme sur une île


 

En déplacement à La Réunion, Jean-Luc Mélenchon n'a fait que très peu de commentaires sur l'actualité. S'il s'est délecté des sondages qui le donnent maintenant au-dessus de 10% et parfois même devant Marine Le Pen, ce dont il "ne cesse de savourer l'intensité", le candidat du Front de Gauche s'est concentré sur des points de programmes qu'il a déjà détaillés comme la hausse du Smic à 1 700 euros. 

"Avec quelle région de pauvreté doit on être en compétition ? Avec les Malgaches ? Non ! Nous devons faire dire à nos frères de Madagascar, "nous voulons être comme les Français" !", a-t-il lancé. Vêtu de son habituelle cravate rouge et chemise blanche, l'ex ministre de l'enseignement professionnel s'est indigné de "la politique de compétitivité" défendue par d'autres candidats, synonyme selon lui de baisse des salaires.

Il a aussi défendu ses positions, notamment quant à l'écologie, sur une île classée au patrimoine de l'Unesco. Enfin, Jean-Luc Mélenchon a appelé à faire des territoires d'outre-mer des "laboratoires d'idées" qui doivent inspirer la métropole.


Salomé Legrand et Christophe Rauzy

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