UMP et comptes de campagne : un coup dur pour l’image de Nicolas Sarkozy

Publié le par Gérard

Après l'annonce fracassante de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques d'invalider les comptes du candidat UMP à la Présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy a bien l'intention de contre-attaquer. Malgré cela, redorer son image ne sera pas facile. Explications de David Réguer, expert en communication.

Édité par Gaëlle-Marie Zimmermann   Auteur parrainé par Aude Baron

Nicolas Sarkozy et Francois Fillon lors de la cérémonie de l'armistice près de l'Arc de Triomphe, le 8 mai 2012 (APESTEGUY/SIPA).

Nicolas Sarkozy et Francois Fillon lors de la cérémonie de l'armistice près de l'Arc de Triomphe, le 8 mai 2012 (APESTEGUY/SIPA)

 

Son entourage dénonce une "affaire politique" et indique que Nicolas Sarkozy saisira le Conseil constitutionnel pour pointer le montant d’un dépassement peu significatif, réaffirmer sa profonde sincérité et remettre en cause le mode de calcul.

 

Cette décision, si elle est confirmée, est un nouveau coup dur pour Nicolas Sarkozy. Elle affecte son image et l’empêche probablement de revenir sur les devants de la scène politique, du moins si tel était son désir. En tous les cas, elle aura des conséquences sur la crédibilité de ses prises de parole futures.

 

Le capitaine de bateau

 

Souvenez-vous : face à la promesse de changement et de normalité de François Hollande, le Président sortant appelait les Français à voter pour l’expérience.

 

La crise économique était comme un état de guerre, une musique guerrière, une affiche vindicative, un slogan tranchant. Une menace, nécessairement extérieure, pesait sur la France, une mondialisation incontrôlée aux conséquences sociales désastreuses.

 

Ces circonstances exceptionnelles et cet ennemi impalpable étaient des raisons suffisantes pour reconduire le véritable capitaine de bateau dans ses fonctions. Demain, la France forte, grâce au Dieu Neptune Sarkozy, allait vaincre la crise et retrouver la grandeur de son histoire passée. Après la tempête, grâce au guerrier protecteur, la mer était calme.

 

Si cette histoire n’a pas suffi à convaincre les Français, le début de mandat de François Hollande, plutôt catastrophique si on s’en réfère aux sondages et à son niveau de popularité, devait valider après coup cette démonstration de force.

 

Nicolas Sarkozy se taisait, loin des batailles d’egos, observant de haut la véracité des faits. Les Français désappointés comme les journalistes orphelins d’un personnage haut en couleur, allaient devenir nostalgiques, tandis que les militants comme les sympathisants de l’UMP lui demanderaient de sauver la France, cette fois-ci en 2017. 5 années de socialisme perdues.

 

L’UMP prend l’eau

 

Ce scénario était fort probable. Certes, il aurait fallu expliquer à l’opinion que les conférences ne servaient qu’à parfaire une expérience internationale au service des Français. La guerre de succession à l’UMP devait favoriser son retour avec un courant "France forte" sorti vainqueur des urnes sous la houlette de Guillaume Peltier. Dans cette éventualité, Jean-François Copé et François Fillon ne miseraient pas sur l’impasse, espérant après coup redorer leur blason. Peine perdue. Au lieu de cela, la crise politique de l’UMP allait mettre en exergue sa responsabilité et son impuissance.

 

D’une part, certains éditorialistes rendaient Nicolas Sarkozy comptable de la situation, manquant à ses devoirs de gérer sa succession. D’autre part, ses tentatives de conciliation paraissaient vaines aux yeux de l’opinion devant l’opiniâtreté des deux prétendants à la présidence de l’UMP.

 

La séquence pour Nicolas Sarkozy s’avérait, au bout du compte, négative pour son image. Les faits invalidaient la force du capitaine de bateau éloigné quelques temps du champs politique, et obligé de s’abaisser au niveau de la piétaille.

 

Après la crise politique, le gestionnaire des finances

 

L’accord de "paix" ou la trêve de Noël entre Jean-François Copé et François Fillon étaient plutôt une aubaine pour Nicolas Sarkozy. Il pouvait apparaître comme son instigateur et reprendre de la hauteur symbolique en attendant des temps plus propices à la reconquête.

 

La décision du CNCCFP tombe mal, très mal. Si elle est confirmée, elle renforce l’idée d’une impuissance. Désarmé face à la crise politique de l’UMP, Nicolas Sarkozy est à présent responsable de la crise financière de son parti. Le capitaine gestionnaire et expérimenté ne serait donc qu’un leurre. 

 

Un besoin de renouveau

 

Cette nouvelle séquence est une mauvaise affaire politique pour Nicolas Sarkozy. Il devra se battre, sortir de sa réserve pour contrer la décision du CNCCFP, répondre, argumenter, voire crier au complot. 2017 est encore loin et rien n’est jamais définitif.

 

Mais si François Hollande est un Président affaibli, il en est de même du Président sortant aujourd’hui. D’autant plus que les sympathisants de droite sont sortis désorientés de la crise politique de l’UMP. La période nostalgique d’un retour de l’ancien candidat fait à présent place à une période de renouveau : construire l’opposition sur des bases nouvelles, avec une tête nouvelle

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