Toulouse a de la ressource

Publié le par Gérard

Malgré une équipe remaniée, en prévision de son quart de finale européen, le Stade Toulousain a eu raison du Stade Français (22-18), samedi, lors du choc de la 22e journée du Top 14 disputé au Stade de France. Si les Toulousains prennent le large en tête du classement, pour les Parisiens, désormais devancés par le Racing-Métro, l'accès à la phase finale sera désormais très compliqué.

Sylvain Nicolas et le Stade Toulousain ont bien résisté à Paris. (Maxppp)
Sylvain Nicolas et le Stade Toulousain ont bien résisté à Paris. (Maxppp)

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Est-ce la parade celtique de l'avant-match et le chant des cornemuses, loin de son festival des sept essais inscrits une semaine plus tôt à la MMArena face à Agen (53-27), le Stade Français a pris ce samedi, au Stade de France, des airs de XV du Chardon à multiplier les passes et les temps de jeu dans le vide, sans jamais parvenir à trouver la faille dans la cuirasse toulousaine. Des intentions, mais au final un revers lourd de conséquence pour l'équipe de Michael Cheika, rejetée à nouveau hors du Top 6, à un point des voisins du Racing.

Pascal Papé aura eu bien des choses à dire à l'issue de ce "clasico" de petite facture au corps arbitral et à un M. Poite, dont les décisions auront systématiquement été à l'encontre des intérêts d'un Stade Français qui aura su mesurer face aux champions de France toulousains ce qui le sépare encore du très haut niveau. Et notamment de cette H Cup que les hommes de Guy Novès, à une semaine de leur quart de finale en terre écossaise, du côté d'Edimbourg, auront su préparer au mieux par ce succès qui, en plus de leur permettre de reprendre seuls les commandes du Top 14, soigne leur confiance, et notamment celle d'un Lionel Beauxis, auteur de 17 points au pied. Pour peu que la conquête rouge et noire reprenne des couleurs du côté de Murrayfield, où William Servat prendra le relais d'un Christopher Tolofua encore un peu tendre.

Paris, 100 % buteur

D'un match à l'autre, changement de décor dans cette entame de match pour un Stade Français qui, loin de sa cavalcade mancelle, subit d'entrée les intentions toulousaines. Cap'tain Dusautoir, de retour aux affaires, montre la voie en versant le sang... Message reçu par ses coéquipiers qui s'installent dans la moitié de terrain parisienne. Lionel Beauxis, de retour au Stade de France après son Tournoi raté, se charge de l'ouverture du score et Toulouse marque son territoire (0-3, 3e). Il faut dix minutes à Paris pour rentrer dans son match et à Jérôme Fillol, doublure toujours fringante de Julien Dupuy, pour se faire la malle et mettre à la faute la défense des visiteurs, imité dans la foulée par la nouvelle banderille de Djibril Camara. Felipe Contepomi s'exécute par deux fois face aux poteaux (10e, 15e) et le club de la capitale prend position (6-3).

Ce choc des Stades, c'est aussi le match dans le match entre deux générations de talonneur. Et face à son aîné, Dimitri Szarzewski, Christopher Tolofua, sans complexe du haut de ses 19 ans, allume la première mèche: un lancer encore approximatif, mais 117 kilos, montés sur des appuis de feu, pour porter le danger à cinq mètres de la ligne adverse. Un effort que récompense le nouveau coup de pied gagnant de Beauxis après que la mêlée parisienne s'est mise à la faute (6-6, 18e). Toulouse reprend la main et Dusautoir est évidemment aux avant-postes, omniprésent, pour remettre la pression sur les Parisiens. Un regroupement, provoqué à portée de l'en-but par le meilleur joueur du monde, et le jeu rebondit sur cette envolée décisive de Florian Fritz. L'international profite surtout du probable passage à vide d'un coéquipier, non signalé par M. Poite, qui permet à son compère du centre d'aller aplatir sous les poteaux (6-13, 27e). Le Stade Français a le mérite de répondre du tac au tac par la botte de Contepomi, suite à une faute au sol (9-13, 30e). Malgré ce scénario défavorable, Paris ne change pas de crédo et joue encore et encore, n'hésitant pas à relancer depuis ses 22 mètres, à l'image de Contepomi (35e).

Essai refusé à Parisse

A une semaine de son rendez-vous européen, Toulouse ne peut se contenter d'évoluer en contre. A la reprise, alors que Beauxis poursuit son sans faute au pied (9-16, 43e), le jeu de main, jeu de Toulousains est de sortie... Le moment que choisit Cheika pour coacher avec les entrées de George Smith et Julien Dupuy. Ce dernier, au relais de Contepomi, se signale d'entrée avec cette pénalité concédée par la première ligne toulousaine et convertie des 50 mètres (12-16, 47e). La conquête toulousaine est de plus en plus approximative, comme sur ses lancers défaillants de Tolofua à cinq mètres de sa ligne d'essai, qui permettent à Paris de propulser apparemment Sergio Parisse en terre promise: un essai que M. Poite finit par refuser avec l'appui de la vidéo pour... une possible obstruction de Rodriguez Gurruchaga sur Beauxis qui, cette fois, ne lui a pas échappé (54e).

Au grand dam du public du Stade de France, réconforté par le retour gagnant au but de Contepomi, toujours aussi précis à 45 mètres (15-16, 58e). Le duel des buteurs fait toujours rage et Beauxis repousse le danger (62e). Le niveau technique de ce choc est en train de décliner quand Pascal Papé et Yannick Jauzion sont invités à dix minutes de frigo pour s'être parler un peu trop vertement du pays (70e). Dupuy ne rate pas l'opportunité offerte de revenir à un petit point (18-19, 71e). A défaut d'un grand match, le suspense reste entier. D'autant qu'à 55 mètres, Beauxis vient à connaître son premier échec sur pénalité (75e), puis, comme avec les Bleus, sur drop (78e). Un coup de pied salvateur malgré tout pour assurer l'essentiel (18-22, 79e). Et désoler Paris...

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