Takieddine accuse Sarkozy : cet homme de l'ombre pourrait l'affecter durablement

Publié le par Gérard

sarkozy-takedine.jpg

LE PLUS. Que cherche Takieddine ? L'ancien intermédiaire du pouvoir semble vouloir régler ses comptes. En affirmant détenir des preuves du financement de la campagne de Sarkozy en 2007 par le régime Kadhafi, l'homme d'affaires lance une petite bombe. Analyse de Jean-Marcel Bouguereau.

Édité par Louise Pothier  

Takieddine dit détenir des preuves du financement de la campagne de Sarkozy par Kadhafi. Ici en octobre 2012 (ANTONIOL A./Sipa)

Takieddine dit détenir des preuves du financement de la campagne de Sarkozy par Kadhafi. Ici en octobre 2012 (ANTONIOL A./Sipa)

 

Lorsque l’on évoque Takieddine, mieux vaut prendre des pincettes. Cet homme de l’ombre, selon la formule consacrée, pourrait être un des personnages des SAS de Gérard de Villiers. Tous les ingrédients sont là : des hommes politiques en vue, des contrats d’armes, de belles épouses en instance de divorce, des demeures de luxe.

 

L’homme se dit "écœuré par la corruption généralisée en France". Il parle d’or, puisqu’il a longtemps négocié des ventes d’armes, dont on sait qu’on n’y négocie pas seulement des armes ! La méfiance est d’autant plus de règle que, mis en examen dans plusieurs affaires, il a des comptes à régler avec ses anciens "amis" de l’UMP. Mais ce qu’il dit est troublant.

 

Une chronologie troublante

 

En avril, il disait que la campagne de 2007 de Sarkozy n’avait pas été financée par Kadhafi. Il déclare le contraire, mais… au juge Van Ruymbeke. Des comptes rendus de rencontres entre Guéant et le secrétaire de Kadhafi existeraient, où sont évoquées ces sommes d’argents. Le dernier premier ministre de Kadhafi posséderait ces documents et serait est prêt les fournir au juge.

 

Mais il évoque d’autres sommes, près de 100 millions d’euros, qui auraient bénéficié à Sarkozy à travers des contrats signés par des sociétés françaises pour assurer des événement fictifs mais rémunérés. Tant qu’il ne fournit pas les preuves à la justice, ces affirmations restent sujettes à caution. Mais rappelons-nous qu’il disait : "Je savais tout ce qui se passait entre la Libye et la France."

 

La chronologie plaide en sa faveur : en décembre 2007, Sarkozy reçoit "le guide" de manière fastueuse à Paris. Mais les rapports entre Sarkozy et Kadhafi remontent à plus loin, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur et qu’une firme française décrochait, grâce à Guéant, un contrat de matériel d’interceptions des communications. Qui était l’intermédiaire ? Déjà Takieddine.

 

On ne saura pas tout de suite

 

Peu avant le déclenchement de la guerre en Libye le fils de Kadhafi, Kadhafi lui-même, le 10 mars, et son responsable des services secrets menacent de rendre publiques les sommes versées au candidat de la droite. Une semaine après, le 17 mars, Sarkozy obtient une résolution de autorisant une intervention militaire. Toutes les hypothèses ont été évoquées sur ces curieuses coïncidences dont celle-ci : la guerre libyenne a-t-elle été lancée pour des raisons moins nobles que celles évoquées par BHL ?

 

On ne le saura jamais et pour le reste, il faudra attendre la justice qui n’est jamais pressée : il y a 15 ans que Tibéri a été accusé de faire voter les morts et l’affaire n’est toujours pas jugée. Si l’on ne se sait pas ce que cherche vraiment Takieddine, on peut être sûr qu’en distillant régulièrement ce genre de propos, il devrait durablement affecter Sarkozy.

Commenter cet article