Studieuse, Ségolène Royal passe l’été en campagne

Publié le par Gérard

La candidate à la primaire PS ne prend pas de vacances (et le fait savoir), occupée à préparer sa «Lettre à tous les résignés» pour assurer la rentrée.

 

Que Martine Aubry et François Hollande se rassurent, Ségolène Royal prend bien soin de la maison de famille socialiste pendant les vacances. Ce mercredi midi, la candidate à la primaire PS a convié pour la quatrième fois la presse rue de Solférino, dans la grande salle réservée d’ordinaire au bureau national. Sur le carton d’invitation: «Ségolène Royal vous convie à la rencontre hebdomadaire pour échanger […] autour d’une collation».

A son entrée, Royal est d’humeur chambreuse: «Vous êtes très nombreux finalement! Il n’y a pas de vacances? On se voit aussi mardi prochain alors?». Rires plus ou moins gênés de la bonne vingtaine de journalistes présents avec consigne de laisser caméras et micros dans une autre salle. Les photographes sont, eux, priés de rester dehors.

Depuis qu’elle bénéficie de locaux au siège du PS pour le temps de la primaire, Ségolène Royal ne quitte plus Solférino. A deux mois du premier tour, elle a pris ses quartiers dans le bureau de proches de Benoît Hamon, porte-parole du PS et leader de la gauche du parti. Sur Twitter, Pouria Amirshahi, secrétaire national à la coopération, s’est amusé de cette installation:

Sur son agenda politique, du 1er au 14 août, la prétendante du PS à l’Elysée en 2007 avait prévu «Famille, lecture, sport». «Mais ce n’est pas incompatible avec le travail!», s’étonne presque Royal lorsqu’on le lui fait remarquer. Le message est clair: pendant que ses adversaires se reposent – en Bretagne pour Aubry ou dans le sud-ouest pour Hollande – la présidente de la région Poitou-Charentes veut montrer qu’elle bosse. «Honnêtement, prendre des vacances avant une échéance comme celle-ci, ce n’est pas le choix que j’ai fait, explique-t-elle visant implicitement ses adversaires. Mais rassurez-vous! Je n’arriverai pas épuisée!»


Prête pour la rentrée

 Distancée dans les sondages, moins centrale qu’en 2006, année de la précédente primaire socialiste, Ségolène Royal compte sur une présence médiatique estivale pour rattraper le duo de tête Aubry-Hollande et bousculer le duel annoncé entre les deux derniers premiers secrétaires du PS. «Une rentrée politique, ça ne s’improvise pas», prévient-elle. Pour cela, elle a présenté ce mercredi les grandes lignes et la une du livre qu’elle publie le 20 août chez Plon: Lettre à tous les résignés et aux indignés qui veulent des solutions.

«Un document, souligne Royal, qui ramasse les piliers de ma pensée politique et intègre cinq ans de vie politique.» Celle qui se désigne «présidente des solutions» veut, avec cet ouvrage, rappeler ce qu’elle a fait depuis le 5 mai 2007 et sa défaite au second tour de la présidentielle contre Nicolas Sarkozy: «25 déplacements internationaux […] avec une dimension très importante qui n’a pas forcément eu de visibilité médiatique», ses «17 universités populaires participatives [] avec une centaine d’experts et beaucoup de public!», ses «déplacements de terrain»

 

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qui lui ont fait voir «la dégradation de l’état» du pays et enfin son «action» à la tête de la région Poitou-Charentes.

«Je veux ouvrir la rentrée politique et poser les bases d’un débat […] clarifier ma vision de la France et la façon dont j’entends être la candidate et, je l’espère, la présidente des solutions.» Ségolène Royal réclame de nouveau des débats entre candidats et envoie une nouvelle pique à l’encontre du camp Aubry: «On ne peut pas reprocher aux journalistes de ne s’intéresser qu’aux petites phrases et quand les médias proposent des débats, de résister».

La présidente de Poitou-Charentes se dit «la plus prête, la plus claire, […] celle qui a le plus envie de gagner.» Elle insiste: «Je suis engagée dans cette dernière ligne droite pour gagner.» François Hollande et Martine Aubry sont prévenus: à leur retour de vacances, Ségolène Royal sera bien échauffée.

Publié dans Ségolène Royal

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