Sonnée, l'UMP crie au complot et à l'acharnement des juges

Publié le par Gérard

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« Il n’y a pas d’affaire Bettencourt », répondait mercredi le député UMP Patrick Ollier, salle des Quatre-Colonnes, à l’Assemblée nationale, alors que Mediapart l’interrogeait sur les scandales de la droite. Dix mois après avoir quitté l’Élysée, Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour abus de faiblesse dans l’affaire Bettencourt, jeudi soir, après une série de confrontations avec plusieurs membres du personnel de Liliane Bettencourt. Me Herzog, son avocat, a annoncé son intention de « former immédiatement un recours » et a qualifié la décision du juge d’« incohérente sur le plan juridique, et injuste ». L’UMP, elle, se partage entre silence assourdissant et dénonciation à demi-mot d’un complot politique.

 

Pris de court, les membres du premier cercle de Nicolas Sarkozy sont restés silencieux. L’un d’eux explique au Monde qu'il a été décidé par les membres de l'entourage de l'ancien président de ne pas commenter cette décision pour « ne pas porter ça sur le terrain politique » car « il faut que cela garde un caractère judiciaire ». Brice Hortefeux se contente d’ailleurs de renvoyer vers la position de Me Herzog.

Il a fallu attendre vendredi matin pour voir Claude Guéant ou Henri Guaino courir les plateaux télé. « C'est complètement infâmant », a estimé le premier sur iTélé.

 

« Je ne veux pas raconter la vie de Harlem Désir, mais nous n'avons aucune leçon de morale à recevoir de lui », a asséné le second sur la même chaîne. « Où sont les preuves ? Où sont les millions ? Où est l'argent qui a été versé ?, s'est-il aussi interrogé sur Europe 1, allant jusqu'à expliquer que le juge Gentil avait « déshonoré la justice » et lui demandant de « communiquer à tous les Français » « les éléments » de cette affaire (voir la vidéo à 7'00):

 

 

 


« Je vous emmerde »
, a lancé de son côté Patrick Balkany, vendredi, à Me Gillot, l'avocat du majordome de Liliane Bettencourt, sur RMC:

 

 

 

 

Jeudi soir, l’UMP avait envoyé à la hâte des sarkozystes et copéistes de second rang sur les plateaux télé pour défendre l’ancien chef de l’État et dénoncer en chœur un « acharnement judiciaire ». La déléguée générale adjointe de l’UMP Valérie Debord, le député Sébastien Huyghe, les co-présidents de la Droite forte Geoffroy Didier et Guillaume Peltier, les co-fondateurs de la Droite populaire Lionnel Luca et Thierry Mariani, la présidente du Parti chrétien-démocrate Christine Boutin, défilent en direct.

 

Les fillonistes de l’UMP sont restés plus en retrait. Néanmoins, François Fillon, en voyage à Moscou, a confié aux Échos : « Je suis stupéfait par cette décision de mise en examen qui m'apparaît aussi injuste qu'invraisemblable. Tard hier soir, je lui ai envoyé un sms pour lui rappeler directement mon soutien et mon amitié. J'espère que la vérité triomphera. Pour lui c'est une épreuve très douloureuse. » François Fillon n'a cependant pas tardé à répéter ses ambitions présidentielles. Serez-vous candidat en 2017, lui a demandé un journaliste ? « C'est assez probable, oui... Je ne vais pas annoncer à Moscou quoi que ce soit sur ce sujet », a-t-il prévenu avant d'ajouter : « Je me place dans cette perspective. »


Concernant l'ancien chef de l'État, la liste des arguments UMP tient en deux points : il faut s’interroger sur le « timing surprenant » de cette décision, à un moment où la popularité de Sarkozy remonte, et remettre en question l’indépendance de la justice. Le sarkozyste Thierry Mariani se livre parfaitement à l'exercice. « On peut se demander s’il n’y a pas un acharnement des juges, avec des arrière-pensées », dit-il sur iTélé. Sur BFM-TV, il cible le juge d'instruction Jean-Michel Gentil : « L'impartialité n'est pas la première des qualités de certains magistrats. Je me demande si certains juges rendent la justice au nom du peuple français, ou de leurs propres convictions. » « C’est un acte politique », accuse-t-il carrément dans Le Monde plus tard, parlant de magistrats qui ont des « comptes à régler ».

 

Autre figure de la Droite populaire, Lionnel Luca sous-entend que François Hollande est derrière cette mise en examen :

Sur BFM-TV, il persiste et signe : « L'adversaire le plus dangereux pour François Hollande reste tout de même Nicolas Sarkozy, à qui il a succédé. Un certain nombre trouveront très utile et très pratique de salir, ou tout du moins de compromettre, celui qui est l'adversaire le plus crédible du président de la République », dit-il.

Sur Twitter également, le maire de Nice Christian Estrosi, proche de Nicolas Sarkozy, réagit violemment :

Dans un communiqué, le secrétaire général de l'association des amis de Nicolas Sarkozy dénonce une « instrumentalisation de cette affaire ». « Chacun remarquera que cette décision intervient 48 h après la mise en cause d'un ministre socialiste sans doute pour faire compensation », écrit-il. « Nicolas Sarkozy a déjà dit que ces allégations en pleine campagne présidentielle et sans le moindre début d'une preuve relevaient de l'argutie politicienne. »

 

http://www.mediapart.fr/

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