Sécurité : la majorité poursuit son offensive.

Publié le par Gérard

Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP.
AFP/JACQUES DEMARTHON
Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP.

 

Si l'objectif de l'Elysée était de reprendre la main sur le débat médiatique, force est de constater qu'il a réussi. Après une série d'annonces sécuritaires aussi spectaculaires qu'entachées d'irrégularités constitutionnelles, les fidèles du chef de l'Etat continuent, lundi 9 août, de distiller remarques et petites phrases autour du thème de la sécurité, sans hésiter à en rajouter.

  

Dernier en date, Christian Estrosi, qui a expliqué, au micro d'Europe 1, qu'entre "Français ou voyou, il faut choisir". Une manière, en sous-entendant que les "voyous" ne sont pas français, de faire l'amalgame, déjà pratiqué par le chef de l'Etat à Grenoble vendredi 30 juillet, entre délinquance et immigration.

Le maire de Nice et ministre de l'industrie soutient également la proposition d'Eric Ciotti, un proche, qui souhaite punir pénalement les parents de mineurs délinquants récidivistes. Une proposition qui a le mérite "d'ouvrir le débat", assure Christian Estrosi, pour qui certains parents "instrumentalisent leurs enfants et leurs familles pour commettre des actes délictueux".

  

"LE PETIT MONDE POLITICO-MÉDIATIQUE"

Le ministre s'insurge, en revanche, contre les propos de Michel Rocard, qui a violemment critiqué, dans l'hebdomadaire Marianne, ces propositions de loi, estimant "qu'on n'avait pas vu cela depuis Vichy, on n'avait pas vu cela depuis les nazis". Pour Christian Estrosi, cette référence "insupportable" montre que l'ancien premier ministre socialiste est "déconnecté" de la réalité.

 

D'autres relais de la parole présidentielle ont répondu aux critiques virulentes du PS qui, à l'instar d'Arnaud Montebourg ou de Benoît Hamon, dénoncent "l'échec" de la politique sécuritaire du chef de l'Etat et estiment que le PS serait "mieux préparé" à mettre en place une autre méthode.

Dans Le Figaro, Frédéric Lefebvre a ainsi parlé de "faute lourde" des socialistes. Le porte-parole de l'UMP juge que "le petit monde politico-médiatique reste sourd aux attentes du peuple", et accuse la gauche de "se servir" de l'affaire Bettencourt "pour faire diversion parce qu'elle n'a pas le courage de prendre position sur la délinquance". Une "faute lourde", conclut le porte-parole, qui estime également que le PS est "dans un déni tactique de réalité pour faire monter le FN".

 

Autre affaire, même thématique : commentant le cas de Lies Hebbadj, commerçant nantais mis sur le devant de la scène en avril comme polygame assumé, accusé par une de ses ex-compagnes de viols aggravés, le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, a expliqué dimanche que ce dernier était, à ses yeux, "présumé coupable". Le ministre a fait rectifier cette sortie par ses services, expliquant qu'il avait émis "son opinion" et qu'il appartiendrait "à la justice de se prononcer".

 

INQUIÉTUDES AUSSI À DROITE

L'offensive sécuritaire suscite une levée de boucliers forte à gauche, mais aussi dans une partie de la droite. Au-delà des sarkozystes les plus fidèles comme Frédéric Lefebvre, Christian Estrosi ou Brice Hortefeux, les tendances centristes ou gaullistes de l'UMP supportent de plus en plus mal ce raidissement sécuritaire. La plupart ont observé la semaine dernière un silence prudent, quitte à refuser toute interview.

 

Dans le Journal du dimanche, trois d'entre eux, les députés Yannick Favennec et Marc Bernier et le sénateur Philippe Dallier, évoquent leur "inquiétude" devant ces propositions. Philippe Dallier, ami de Jean-Pierre Raffarin, se dit "inquiet que l'UMP se focalise uniquement sur la sécurité". "Je crains qu'on ne perde une partie de notre électorat, alors que nous ne sommes mêmes pas sûrs de récupérer les électeurs courtisés par ces propositions, à savoir ceux du FN", ose même Yannick Favennec, proche de Jean-François Copé.

 

LeMonde.fr

Pour info, cette parodie a été censurée et exclue du site "lepost.fr"

 



 

D'après le député PS Pierre Moscovici, "il y a eu, cet été, une offensive sécuritaire extrêmement ambiguë et limite" qui "ne paraît pas respecter les principes mêmes de notre République", faisant "écho à des thématiques qu'on n'a pas connues depuis la seconde guerre mondiale", comme "la déchéance de la nationalité". "Nicolas Sarkozy a flirté vraiment avec l'extrême droite" et "l'a fait de manière tout à fait consciente. C'est stratégique", selon l'ancien ministre.

Selon lui, le chef de l'Etat a perdu "une partie de son électorat, la droite classique" et ne veut "pas laisser partir l'électorat populaire au Front national" et, dès lors, il "fait de la surenchère". "Je ne dirais pas que c'est un voyou, mais il fait du Le Pen Light".

Selon le responsable socialiste, le président "joue avec des symboles et des thématiques" qu'on "n'a pas utilisés depuis la seconde guerre mondiale". "Il n'est pas nazi, il n'est pas pétainiste, mais il faut qu'il fasse attention. Il est dans l'attaque, dans l'assaut contre les principes républicains"

Commenter cet article