Sarkozy: «Vous n'entendrez plus parler de moi si je suis battu»

Publié le par Gérard

Devant des journalistes, dimanche en Guyane, le chef de l'Etat a envisagé une possible défaite. «C'est à lui d'y réfléchir, de regarder la situation comme elle est», lui conseille Bayrou. Mélenchon, lui, «parle de spirale dépressive».

 

Par LIBÉRATION.FR

Nicolas Sarkozy, à Cayenne, le 21 janvier. (Photo Lionel Bonaventure. Reuters)

 

Sarkozy changerait de vie s'il perd, mais reste convaincu de sa victoire.
Nicolas Sarkozy a confié à des journalistes qui l'interrogeaient qu'il arrêterait la politique en cas d'échec à la présidentielle, tout en s'affirmant convaincu d'être en mesure de l'emporter.
Lors de son déplacement en Guyane ce week-end, le Président s'est livré à une longue discussion avec des journalistes, dont une de l'AFP, en précisant à plusieurs reprises que ses propos n'étaient pas destinés à être publiés. Mais ils ont été dévoilés par plusieurs médias.
Au cours de cette discussion à bâtons rompus, on lui a demandé ce qu'il ferait, en cas d'échec, s'il arrêterait la politique. Il a répondu : «Oui, j'en ai la certitude. J'ai 56 ans, je fais de la politique depuis trente-cinq ans, j'ai un métier [il est avocat, ndlr], je changerai complètement de vie, vous n'entendrez plus parler de moi si je suis battu.»

«Je fais ça pendant cinq ans et je pars faire du fric»

Des propos qui peuvent paraître étonnants, mais qui ne sont pas nouveaux dans la bouche de Nicolas Sarkozy. En 2005, avant sa victoire à la présidentielle de 2007, il avait dit peu ou prou la même chose à des journalistes lors d'un déplacement.
En 2008, il avait expliqué qu'il ne ferait pas de second mandat, mettant également en avant son métier d'avocat. «Je fais ça pendant cinq ans et, ensuite, je pars faire du fric», avait-il dit, selon le Point à l'époque. Une façon pour le Président de démontrer que la politique n'est pas toute sa vie, contrairement à ses prédécesseurs.
«Mais on en a encore pour cinq ans ensemble  a-t-il aussi dit en Guyane, lui qui n'aime rien tant que brouiller les cartes.
Et d'ajouter : «Vous n'imaginez pas la passion, la lucidité dans ce pays. Vous allez être surpris. Ils (les Français) savent qui ment. Le maître-mot de la campagne, ce sera authenticité.»
Pour lui, «les Français ne sont pas encore entrés dans la campagne». Et de relever que «le taux des Français qui déclarent avoir un avis formé est faible, incroyable».

«Je trouve raisonnable qu'il envisage la défaite»

La faute à «la crise», selon Sarkozy, qui confie également être «surpris, mais pas choqué», par les commentaires peu élogieux dont il est parfois gratifié dans la presse. «L'excès de caricature est mieux que l'interdiction de caricature», a-t-il répété, ajoutant : mais «on n'est pas obligé d'être méchant».
Peut-être. Mais cela n'a pas empêché Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, de conseiller Sarkozy, «entré dans une spirale dépressive», d'envisager «sérieusement» la défaite.
«Il est entré dans une spirale dépressive et peut-être la droite va penser a lui trouver un successeur, ça s'est déjà produit», a-t-il dit aux médias après une rencontre avec des salariés d'Alstom et General Electric à Belfort.
«Je trouve raisonnable qu'il envisage la défaite, et même je lui conseille de l'envisager sérieusement. Ce qu'on ne sait pas, c'est qui va la lui infliger», a-t-il conclu.

François Bayrou, candidat MoDem à la présidentielle, avait auparavant jugé «compromise» la situation de Nicolas Sarkozy, même si pour lui «ce n'est pas le sujet principal».

Interrogé par RTL sur des affirmations de presse, selon lesquelles le président sortant aurait évoqué une possible défaite, le député béarnais a répondu : «La situation pour Nicolas Sarkozy, tout le monde voit bien qu'elle est compromise. Alors c'est à lui d'y réfléchir, de regarder la situation comme elle est.»

Le centriste a par ailleurs réaffirmé son désaccord avec l'analyse de François Hollande faisant du «monde de la finance» son adversaire principal. «Ça revient à dire que les problèmes que nous rencontrons ne sont pas de notre faute, ils viennent de l'extérieur, d'un monde qui n'est pas celui que nous voudrions», a analysé le président du Mouvement démocrate.

Pointant «la production en France», il a assuré : «Cette perte de la production, elle ne vient pas du monde extérieur, elle vient de décisions que nous avons prises chez nous. C'est nous qui sommes responsables des difficultés de notre pays. Et, si nous recommençons une fois de plus à les éluder et à avoir un discours politique qui cherche des responsabilités extérieures et mystérieuses, nous ne trouverons pas la réponse à ces questions

(AFP)

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