Sarkozy se fait mousser chez Seb

Publié le par Gérard

Par Grégoire Biseau, envoyé spécial à Pont-Evêque (Isère)

Nicolas Sarkozy chez Seb, à Pont-Evêque, dans l'Isère, le 19 janvier 2011. (Photo Reuters)

«Je ne sais pas pourquoi ils me laissent tout seul. Alors que c'est ici que cela se passe.» Ce matin, juste avant la présentation des vœux aux forces économiques à Lyon, Nicolas Sarkozy est à l'usine Seb de Pont-Evêque en Isère. Et le président de la République s'étonne. Il s'étonne que ses concurrents à la présidentielle le «laissent tout seul» aller dans les usines.

 

Etrange. Car mercredi, Marine Le Pen était à Sochaux avec les ouvriers de PSA. La veille c'était le couple Hollande-Aubry qui était de visite à Gandrange. Tous au nom du produire en France. Mais le chef de l'Etat feint de ne pas le savoir. Il aimerait qu'on lui reconnaisse une antériorité. Voir une expertise. «On ne connaît pas les usines», lâche-t-il. Comprendre: ils (ses concurrents) ne connaissent pas les usines. «Ça fait depuis très longtemps que je les arpente.»


Devant les salariés de cette usine Seb de 900 personnes (qui exporte les trois quarts de sa production), le chef de l'Etat a vanté la solidarité ouvrière où «chacun est sur un pied d'égalité»,«l'on se serre les coudes car c'est dur pour tout le monde». Surtout, il a entamé son travail de pédagogie sur son projet de TVA sociale, mais sans jamais prononcer l'expression.

 

«Si on reste comme on est, les délocalisations vont continuer, ça c'est la vérité.» «Il faut que les importations participent au financement de notre protection sociale», a répété Sarkozy, précisant que «le salaire ne sera pas touché». «C'est la clé, pour garroter la perte du sang industriel de la France.» En quittant l'usine, le chef de l'Etat échange quelques mots avec un salarié et lui confie dans le creux de l'oreille que «lui préférerait travailler ici que dans une banque ». «Car ici, c'est concret». Politique aussi.

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