Sarkozy en son royaume.

Publié le par Gérard

 

Sarko Ier aurait changé de style ? En tout cas, certainement pas à l’occasion de son déplacement bling-bling et sous très haute surveillance policière en Savoie.

La bonne blague ! D’après Le Parisien, Sarkozy a décidé de corriger son style. Il y a du boulot car pour les 150 ans du rattachement de la Savoie italienne à l’Hexagone, il a réussi à faire douter les Savoyards. A quel royaume appartient-on ? C’est la question que certains se sont posée jeudi dernier. Pour la commémoration de l’événement qui s’est tenu au château de Chambéry, ils ont eu l’impression de voir débarquer un chef d’Etat étranger, tant les mesures de sécurité étaient délirantes.

Quatre heures de visite sur place seulement. Mais 699 flics et pandores, réquisitionnés d’un peu partout, dixit la préfecture, sans compter les troupes d’élite du GPRS envoyées sur place ; un cortège de 11 bagnoles officielles qui bloque ; une ville en état de siège depuis la veille, mairie contrainte de fermer toute la journée, commerces en rade, communication par portables brouillée en centre ville…

La capitale de la Savoie aurait accueilli un grand de ce monde comme Obama, va pour un tel cirque ! Mais tout ça pour voir Sarko rouler les mécaniques devant les bidasses. «  En passant en revue les bataillons de chasseur alpin, il marchait les pieds orientés à 10h10 » relève un autochtone un peu à cheval sur la chose militaire. Rien ne va plus. Juste avant, Nicolas 1er a failli refaire le coup du “casse-toi pauv’ con“. « Toi, fais pas le malin » a-t-il lancé un jeune qui s’est ostensiblement essuyé la paluche après touché celle de Sarko. Bref, on vous le dit, y a du boulot pour changer tout ça.

Au moins la visite à Chambéry peut faire date, servir de point de repère, d’anti-modèle. Car si le président veut reconquérir l’opinion, ses conseillers n’ont qu’à faire tout le contraire de ce qui s’est passé le 22 avril. Alors qu’il n’y a plus un rond dans les caisses publiques, Sarko a fait fort pour dépenser toujours plus. Passe encore le kérozène brûlé par la patrouille de France et par les mirages F1 qui en ont quand même fait jaser plus d’un dans les montagnes.

Le summum du bling-bling a été atteint avec le déjeuner offert à quelque 300 élus savoyards (députés, sénateurs, conseillers régionaux, conseillers généraux etc.) Pour honorer les représentants du peuple, c’est le chef du Grand Véfour, une des meilleures tables de Paris – meilleure que celle du Fouquet’s - qui officiait aux fourneaux. Avec sa brigade de 20 cuisiniers, il a été délocalisé en Savoie, un choix de l’Elysée comme l’a souligné le quotidien le Dauphiné. Explication, le grand chef Guy Martin, comme son nom ne l’indique pas est Savoyard et c’était donc un moyen de rendre grâce à la région.

Voilà qui a fait une belle jambe à la population. Quand certains ont découvert dans le journal le détail du menu servi (écrevisses, poulet fermier à la polenta et au morilles etc,), ils ont pris ça comme une claque. « Comme si on ne trouvait personne chez nous qui sache cuisiner la polenta » lâche Jean-Claude, prof de gym en retraite et fin cuisinier à ses heures.

A vrai dire, les Savoyards commencent à en souper de Sarko. Deux semaines plus tôt – le 8 avril -, il était déjà dans la région pour son pèlerinage au plateau des Glières, haut lieu de la résistance en Haute-Savoie. Un département traditionnellement archi UMP mais où le parti présidentiel a été sacrément secoué aux régionales de mars.

Aidant à la mobilisation des militants figurants, le préfet de Haute-Savoie s’était mis en quatre. « Pour ceux qui désirent être présents à la nécropole de Morette, nous vous proposons des invitations transmises par la préfecture qui pour pourrez retirer à la permanence » : voici ce qu’écrivait un hiérarque de l’UMP départementale à ses ouailles dans un drôle de courrier intercepté par Bakchich.

Las, à Chambéry, Sarko a fait un bide. Sur les 4500 invitations lancées auprès des forces vives de Savoie, seulement 2800 ont été honorées, d’après les services de l’Etat. Etre convié à écouter Sarko encenser “la Savoie modèle d’intégration réussie” ne fait pas recette. Surtout quand une native du Piémont – à qui appartenait la Savoie avant 1860 - joue les indépendantes. Nicolas n’avait même pas amené Carlita avec le 22 avril. Encore une faute de style.

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