Russie: pourquoi cet éternel culte du secret?

Publié le par Gérard

Moscou sous les fumées .

Moscou sous les fumées .
REUTERS

 

Le culte du secret est toujours aussi vivant en Russie. La  transparence n'évolue guère au Kremlin.

Du temps des soviets la langue de bois était de mise.

La "glasnost" voulue par Gorbatchev a rapidement atteint ses limites, quand le monde occidental a découvert l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, grâce à un satellite français, alors qu'elle avait eu lieu 48 heures avant dans un silence complet des dirigeants de l'URSS.

En 2000, quelques mois après l'accession au pouvoir de Vladimir Poutine, l'opacité qui a entouré le naufrage du sous-marin "Koursk" a confirmé que la chape de plomb était toujours présente dans la Russie nouvelle.

Dimitri Medvedev reste dans le prolongement de ses prédécesseurs, en matière de rétention d'informations, face aux incendies qui ravagent la Russie depuis un mois.

Aucune information sur le bilan humain de cette catastrophe n'a été, à ce jour, communiqué. Des blogs qui révélaient la censure de la publication des actes de décès, ont été fermés. Mais les autorités ne peuvent fermer tous les blogs et forums qui sont très critiques envers le pouvoir.

Même une certaine presse discrédite le système de pouvoir crée par l'ex-agent du KGB. Le quotidien Vedomosti a notamment écrit : "le chef du gouvernement (Vladimir Poutine) ne doit pas être dans un avion (un avion amphibie BE-200) il est payé pour organiser comme il faut le travail des ministères et des services de l'État".
Quant aux quotidien populaire
Moskovski Komsomolets, lui souligne dans un éditorial : "les dirigeants du pays combattent les feux dont ils ont eux-mêmes permis l'extension dans des proportions catastrophiques".

Mais, malgré toutes ces déclarations, il ne faut pas oublier que Poutine contrôle pratiquement tous les médias et que actuellement il est omniprésent dans toutes leurs publications.
Le peuple n'est informé de l'évolution des incendies uniquement que par une presse contrôlée par le gouvernement. Ce dernier minimise les risques encourus par la population, notamment ceux engendrés par la pollution nucléaire des sols qui brûlent actuellement. Silence est fait également, par celui-ci, sur le matériel radioactif (camions, chars etc..) et les déchets nucléaires issus de l'explosion de la centrale de Tchernobyl qui sont cachés dans les forêts.


Il semblerait que c'est d'ailleurs la cause principale du refus, de la Russie, des aides proposées par les pays occidentaux, selon Jean-Michel Jacquemin, auteur de l'ouvrage sur Tchernobyl "Cachez ce nuage que je ne saurais voir...", ce matin sur France Info.

La Russie est un pays très fier, ses dirigeants ont peur d'être pris pour un pays du tiers monde, alors de ce fait, ils ont attendu le dernier moment pour demander de l'aide. Une fierté, à mon avis, très mal placée.

Cette démocratie surdirigée, avec toujours cette chape de plomb sur l'information, fait que Poutine en ressort renforcé comme cela a été le cas à l'époque du naufrage du Koursk.
Et pendant ce temps... les popes organisent à travers tout le pays des processions de prières pour que tombe la pluie, ce pays très secret semble devenir fou.

Les pays européens sont directement concernés par la montée des périls en Russie. Et pas seulement sur le plan économique! La radioactivité poussée par le vent ne connaît pas les frontières, comme l'a montré le drame de Tchernobyl.

C'est pourquoi le Kremlin doit faire preuve de transparence. Et rompre avec une pratique de la dissimulation qu'il cultive depuis toujours, ce culte du secret qui semble immuable.

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