Pourquoi les Occidentaux soutiennent-ils les régimes oppresseurs au nom de la stabilité ?

Publié le par Gérard

Par: Azwaw

De temps au temps, je lis un article dans les journaux européens ou entends les politiciens, intellectuels lors des débats télévisés affirmé que l’Algérie est un pays politiquement stable. En effet personne ne peut contester cet argument. Cependant à ma grande stupéfaction jamais un commentaire explicatif n’accompagne le vocable en vue d’informer les lecteurs ou téléspectateurs de quelle sorte de stabilité s’agit-il. Et quel est son prix pour les peuples concernés en premier lieu. Je me suis souvent interrogé sur l’objectif des articles et des discours : Est-il de décrire concrètement la situation ou manipuler les citoyens à des fins politiques et économiques ? À mon plus profond regret, la réponse demeure désespérément la même : non pour l’objectivité et oui pour la manipulation.

Je n’ignore pas que lorsqu’un officiel français prononcé un mot contraire sur le pouvoir algérien, s’en suit immédiatement une compagne de « presse » hostile à la France et l’on agite le vieux chiffon usé du néocolonialisme. Et nouveauté : les intellectuels sont dorénavant poursuivis en justice par les associations « anti raciste », nouveaux gendarme de la pensée « spécifique » et un engagement politique clairement sélectif.

Cependant un journaliste, un intellectuel se doit de se montrer impartial dans son travaille autrement qu’il intervient sur des sujet plus relaxant. Quant au politicien c’est moins la levée de tollé que certaines cartes d’électeurs qui font office de « censure » qui écorchent leurs commentaires.

Ne nous voulons plus que la France soit dans l « obligation » de tenir compte du poids de l’histoire dans les jugements qu’elle porte sur l’évolution politique de l’Afrique du Nord.  Dans leur grande majorité, les peuples du sous-continent ne sont plus des adolescents susceptibles. Mais peut-être cette posture arrange-t-elle ses affaires ? 

Je ne cherche pas d'illusoire responsable aux difficultés du peuple Azwaw. Je connais trop les responsabilités des Izwawen pour en charger absurdement « une main ennemie ». Je sais aussi les résistances rencontrées par les revendications Izwawen et les efforts du pouvoir algérien pour les éradiquer. Je ne suis point un irréductible apôtre  de “la théorie du complot”  orchestré par des forces obscures tapies dans l’ombre et hautement hostiles aux Mazighes. En effet l’adversaire des Izwawen est identifié,  agit à visage découvert et a déployé des moyens considérable pour atteindre son but.

 


 

La situation extrêmement préoccupante du peuple Azwaw interpelle et pose la question du complot fomenté par le pouvoir arabe musulman d’Algérie pour l’effacer du livre de l'histoire.

« La théorie de « la théorie du complot » remplit des fonctions sociales et idéologiques relativement puissantes et cela d’autant mieux qu’il ne s’agit pas d’une véritable théorie, c’est-à-dire d’un ensemble de propositions cohérentes, discriminantes et falsifiables. Elle annexe à des critiques qui peuvent être fondées des imputations sans preuve qui fonctionnent alors comme de simples calomnies. Et la calomnie peut frapper d’autant plus largement que la théorie de « la théorie du complot » telle qu’elle est construite, est un vaste fourre-tout attrape-tout qui fonctionne par association de mots et mélange tous les genres : journalistiques et scientifiques, théoriques et polémiques, militants et politiques. Henri Maler.

Le scepticisme permet de ne pas tout prendre pour argent comptant. Toutefois, nier l’incontestabilité de certains complots déclarer que les manigances de groupes relativement obscurs agissants pour le compte des puissances économiques, politiques relèves d’un canular urbaines, d’une chimère est un aveu de la méconnaissance de la nature humaine et des puissances antagonistes, qui livrer actuellement une lutte, idéologique, économique…sur terre. Nier que le pouvoir Algérie n’œuvre pas pour la disparition de l’identité Azwaw (kabyle) et déclarer que ce n’est qu’une vue d’esprit est un vulgaire mensonge.  Par exemple l’émigration de plus en plus importante des jeunes Azwaw vers des pays d’Europe et ceux d’Amérique notamment le Canada est un choix murement réfléchi par le pouvoir algérien. Autrement fait-il quelque chose pour les persuader de reste au pays ? Bien au contraire, pourvu qu’ils partent, le mieux sans envie de revenir un jour, il leur facilite grandement le départ. Il est gagnant sur tous les plans : il y aura moins de demandeurs d’emploi, moins de bouches à nourrir, de logements à construire et distribuer et surtout moins de pression pour les revendications identitaires.

Le phénomène de la conspiration est inhérent à la politique et à l’économie dès lors que des richesses et du pouvoir sont en jeux dans un cadre d’ambitions opposées. Analyse facile à comprendre et considérer comme vraie, en effet qui n’a jamais entendu qu’un tel groupe a lancé une OPA agressive sur un groupe concurrent ou des partis politiques négocient en vue de constituer un gouvernement. Ou les câbles de wikileaker qui ont marqué l’actualité ces temps-ci et ébranlé le monde. L’histoire nous offre un exemple : au procès de Nuremberg, le chef d’accusation n°1 contre les responsables nazis était « plan concerté ou complot » tandis que « crime contre la paix », « crime de guerre » et « crime contre l’humanité » étaient les chefs d’accusations n°2, 3, et 4.

Je ne cherche point à discréditer une opinion ou une idée ou jeter l’opprobre sur un rédacteur. Ici sont soulevées des questions simples qui tourmentent l’esprit des Mazighes et au-delà tous les habitants de l’Afrique du Nord.

Pourquoi n’informent-ils pas les lecteurs/téléspectateurs que l’Algérie est, depuis son ascension à l’indépendance en 1962, une des pires dictatures africaines. Pourquoi passe-t-il sous un silence assourdissant un fait d’importance : ce pays est installé depuis le 9 février 1992 dans l’état d’urgence avec tous les manquements aux droits élémentaires des citoyens ? Pourquoi ignorent-ils dans leurs débat/écrits les fruits de la concorde nationale initiée par le « président » algérien et soutenu à coup de milliards distribués aux criminels de masse ?  

Les indéfectibles défenseurs de la cause  des « arabes musulmans » victimes des Occidentaux capitalistes sans scrupules qui pillent les richesses des peuples du Sud. Ils sont exagérément enfoncés dans le marasme du mensonge pour pouvoir faire leur mea culpa et dénoncer l’idole. Ils expliquent que l’Algérie est simplement sur la voie de la « transition démocratique ». Peut-être avons-nous mal décrypté les événements dramatiques qui secouent périodiquement de notre pays. Nous leur demandons d’expliciter les raisons qui empêcheraient l’Algérie de supprimer de sa constitution le code de la famille, toute référence au religieux. Pourquoi ne se fixe-t-il pas un temps balisé pour préparer le pays à la démocratisation ?

«Les conséquences de nos actes ne sont pas toutes prévisibles ; par conséquent la vision conspirationniste de la société ne peut pas être vraie, car elle revient à supposer que tous les résultats, même ceux qui pourraient sembler spontanés à première vue, sont le résultat voulu d'une personne intéressée à ces résultats». Karl Popper.

Mesdames, messieurs voilà 48 ans que nous rêvons et imaginons cette voie vers la démocratisation. Nous l’avons coloré sous la suggestion de l’arc-en-ciel. Décorés de mille et un objets… pendant ce temps la réalité est tout autre : les acteurs politiques, syndicaux, intellectuels… subissent les pires contraintes et évoluent dans un environnement hautement inhospitalier et nocif pour la liberté d’expression, la liberté de conscience. Le droit de constituer un parti politique est bafoué, ainsi que celui de créer un journal libre de toute accointance avec l’un des clans du pouvoir. Les camions des unités antiémeutes sont omniprésents dans les villes d’Algérie, lesquelles sont constamment quadrillées par l’armée et les unités des forces spéciales et au moindre soupçon de mouvement de contestation, elles apparaissent aux points stratégiques, le doigt sur la cachette. Les rues d’Alger (la capitale) sont aussi soumises à la loupe de la vidéosurveillance. Les réseaux téléphoniques, les réseaux sociaux sur Internet sont indéfiniment perturbés.  Alors, de grâce réservez donc vos balivernes et autres choucroutes dégarnies aux personnes qui ne connaissent point la « politique » algérienne.

Stabilité et commerce sous le règne de la terreur.

Le pays est dirigé par la terreur psychologique, physique, le meurtre, le chantage, l’oppression des minorités linguistiques, religieuses…  Le 22 janvier 2011un parti politique dont je ne partage nullement la position politique, en effet je suis autonomiste, il est algérianistes et anti autonomiste. Néanmoins, il ne reste pas moins vrai qu’il est démocratique, laïque, et lutte pour la séparation du religieux et l’état s’est vu interdit de manifester son opposition à la corruption généralise au somment du pouvoir et une revendication légitime pour l’ouverture démocratique du « pays » et s’est retrouvé face à une cohorte des services de sécurité trois fois plus nombreuse que les manifestants. Par contre quand le pouvoir a voulu instrumentaliser un match de foot Algérie/ Égypte. Il a laissé des milliers de personnes déferlé sur les boulevards algériens pour crier leur colère face aux « actes ignobles des « frères » égyptiens ».

Pour rappel le « président » algérien a avant son installation sur le « trône » promis de s’en aller après un deuxième mandat et il a modifié en ce sens la constitution. Par la suite il a retoqué « sa » constitution pour se représenter à un troisième mandat. Il a été réélu sans surprise dès le 1er tour, le 9 avril 2009,  avec plus de 90% des voix, contre seulement 85% en 2004. La participation, qui était le l’unique enjeu d’un scrutin boycotté par l’opposition, a atteint officiellement 74,24%, également en progression par rapport à 2004. Enfin sur les 57 recours déposés par l’opposition auprès du Conseil constitutionnel, 53 ont été déclarés irrecevables sur la forme, et les quatre qui ont été acceptés sur la forme ont été rejetés sur le fond, car dépourvus de preuves. Le Conseil a estimé que les conditions électorales «ont permis aux électeurs de choisir, en toute liberté, leur candidat habilité à conduire le destin du pays, attestent de la régularité du scrutin, de sa sincérité et de sa transparence ».

Pour mémoire en 2001, 130 jeunes kabyles furent assassinés par les services de sécurité, à l’arme de guerre, et ce, dans l’indifférence générale de ces mêmes journaux  de la bien-pensante !? Les kidnappings, les rackets, de véritables razzias contre les commerçants ou les entreprises se multiplient. Curieusement ce phénomène s’est développé tout spécialement dans les régions où la présence militaire est massivement renforcée ? À noter que depuis le 12 janvier 2011, sept tentatives d’immolation par le feu ont été enregistrées en Algérie. Des tentatives de suicide peu communes pour dénoncer pêle-mêle, la pénurie d’emplois, l’injustice, la corruption, la dictature ou les mauvaises conditions de vie qui ne cessent de se détériorer d’année en année.

Il est certains que la diplomatie ne se fait pas pour des intérêts moraux.

Dans la rhétorique des rédacteurs, on retrouve une aptitude consternante à délégitimer le caractère politique des révoltes du Sud. Les émeutiers ne peuvent être motivés que par la faim ou manipulés par des islamistes. Sous ce dernier prétexte se cache une vérité particulièrement néfaste pour les peuples sous tyrannie : ils sont incapables d’envisager un système démocratique fiable et faire fonctionner des institutions « décontaminées » de toute corruption politique. En effet beaucoup de politiciens européens ne croient pas que la démocratie serait un rempart contre l’islamisme. Partant de ce diagnostic, ils soutiennent, pour des raisons géopolitiques, les pires dictateurs qu’ils aiment à présenter sous l’aspect d’un laïc tranquille. Rempart contre l’épouvantail islamiste souvent met en avant pour « alerter » sur le danger qui menacerait les pays du sud. Cet argument est factuellement inexact. Une escroquerie intellectuelle. Il ne s’agit pas de minimiser le danger réel de la mouvance islamiste qui se nourrit de l’injustice, la dictature, le vide politique et recrute sur la base d’une rhétorique violente, raciste. Ils ont pour vocation d’empêcher leur pays respectifs de se démocratiser, quittent à aider ponctuellement la dictature. Car la liberté libérerait les consciences des citoyens et les cas d’apostasie se multiplieraient.

La sacro-sainte stabilité précieuse à nos amis français a-t-elle déteint sur tous les rédacteurs européens ? On passe sous silence les exactions, les disparitions des militants des droits de l’homme…On fait du commerce et du soutien… pour renforcer son influence diplomatique au sein des multiples institutions internationales. Un point relativement curieux peut interpeller bon nombre de personnes : chaque chute d’un tyran arabe musulman, les journaux européens s’en donnent à cœur joie et nous dressent des portraits peu flatteurs. L’exemple nous est donné par l’actualité : la Tunisie. Subitement la classe politique, les médias et les intellectuels médiatiques occidentaux feignent de découvrir qu’il n’était finalement pas un « démocrato-laïc » mais un dictateur et de surcroit de la vielle-école, car aujourd’hui nous avons des dictateurs modernes. Ils s’adaptent au temps, aux mœurs, à l’internet. Ainsi on sait qu’au sein de chaque pays arabe musulman, particulièrement ceux dont le sol regorge de richesses minières, se côtoient au sommet du pouvoir de multiples escrocs et autres voleurs, qui réclament plus de « gâteau », chaque camp ambitionne même de se réserver la boulangerie à lui seul. Que se passe-t-il ? Malins et manipulateurs à souhait, ils ont, pour museler un peu plus le pays et les voix « discordantes », transformé leur lutte intestine en force d’opposition, de sorte. À travers d’un parti satellitaire et les partis croupion, ils tiennent aussi la place publique pour empêcher la véritable opposition d’accomplir son travail. Ils sont le pouvoir et l’opposition !!!

Tous leurs gestes d'ouvertures constitutionnels ne sont que des leurres à l'attention de la communauté internationale qui n'est néanmoins pas dupe. Cependant elle est ravie d'affirmer que tel pays anciennement sous la férue d’un dictateur accompli des efforts considérables vers l'apaisement politique.

À la minute même où les indices indiquent que les peuples d’Algérie ont atteint le point de rupture et semblable à un volcan gris en éruption et ils imploseront à tout instant de colère et emporteront tout sur leur passage. Primo, le pouvoir amende le Code pénal pour le rendre encore répressif qu’il ne l’était. Secundo, il baisse les taxes sur tous les aliments de première nécessité. Tertio il use de l’inamovible discours sur la colonisation et ses méfaits, les martyrs et leur sacrifice. Pendant ce temps, de l’autre côté de la frontière où s’est réfugiée la réalité : des citoyens jeunes et moins jeunes s’embarquent sur des rafiots de fortune pour rejoindre l’occident tant honni, parce que leur pays les accable de misère et d’injustice. Leurs gouverneaux les consternent au point qu’ils préfèrent prendre le risque réel de servir de « casse-croûte pour les requins en haute mer que d’être rongés par la tristesse, la mélancolie, la misère ensuite par les vers de leur terre natale.

Quelle est la priorité des démocrates algériens ? 

Les peuples algériens, maintenus dans une ignorance hypnotique qui est la conséquence directe du lavage de cerveau subi depuis 14 siècles d’islamisation exaltée et d’arabisation bêtifiant. Abreuvés depuis 1962 d'un nationalisme méphitique. Se révolteront-ils un jour ? Adhèrent comme un seul homme à toute manipulation, dès lors qu'on leurs glissent dans le creux de l'oreille une petite allusion à sa « fierté légendaire » ou qu'on fasse appel à son nationalisme fruste, issu des catacombes de l’histoire.

Toutes les infortunes qui se produisent en Algérie annuellement, lorsqu’ elles ne sont pas imputées à Israël bouc émissaire par excellence, c'est la France qui est désignée ou depuis peu les autonomistes Azwaw.

Ce n'est jamais, au grand jamais, de la faute des Algériens. Quand le mensonge d'État et la falsification historique sont institutionnalisés à ce point, même le plus invétéré des menteurs finit par accorder crédit à ses mensonges. Et tout le monde participe à ce « haro sur les ennemis de la nation », cibles invisibles plus faciles à vilipender que la lutte contre la corruption ou pour un peu plus de liberté, par exemple.

La France, qui a bon dos, est l'exutoire idéal par sa position d'ancienne puissance coloniale. Cette imputation consiste à décharger les Algériens de leur responsabilité et d’ailleurs ils ne semblent pas se fatiguer de ressasser à longueur d’année les phrases apprises par cœur, mémorisées dès la tendre enfance « d'ennemi de l'extérieur et le traitre de l’intérieur ». Ils ne semblent pas gênés à envisager les français d'aujourd'hui coupables de ce qui s'est produit du temps de Napoléon III ou sous la IVe République. Comme ils ne semblent pas disposer à revisiter l’histoire mouvementée du monde « arabe musulman » surtout ne leur parlez pas d’un passé d’esclavagiste et de colonisateur, ce n’est que de la propagande sioniste.

Ces peuples qui ploient sous le joug d’une infernale machine à fabriquer la soumission et l’arriérisme ne semblent pas si pressé que cela à se débarrasser du fardeau. Construire enfin cette nation envisagée au tournant des années 40. Gérer les richesses minières de manières équitable, pragmatique et rationnelle. Investir massivement dans les domaines de la recherche fondamentale pour rattraper le retard abyssale accumulé depuis 48 ans. Et enfin décentraliser le monstre étatique fondé par la dictature et aller vers un système fédéral afin de préserver toutes les langues de ce pays.

Ce n'est pas tant les émeutes aussi violentes qu'elles soient qui le ferait trembler, mais un mouvement de masse insufflé par l'opposition en lui donnant un sens politique.

Une société civile complètement défaillante pour ne pas dire inexistante. Des responsables politiques plongés dans les profondeurs de la médiocrité. Incapable de structurer, d'organiser et porter à bout de bras et servir de rampe de lancement à un mouvement de contestation jusqu'à l'effondrement du système. Par ses tergiversations répétées; ses magouilles de basse cours, elle redonne du souffle au pouvoir aguerrie par 21 ans de lutter armée contre la mouvance islamiste. La mollesse de l'opposition décuple la promptitude de la dictature à réprimer et tuer dans l'œuf toute contestation et détourner l'attention du citoyen lambda en favorisant un laps de temps minutieusement encadré, l'anarchie et en renforçant l'économie informelle.

 

Je coninuerai car le sujet est long

Pour Sébatien

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