Pakistan : la solidarité en panne?

Publié le par Gérard

Ce vendredi dans Une semaine dans le monde : Pakistan, où en est la situation ? Obama et la mosquée de Ground Zero. Irak: le retrait des troupes américaines de combat. Chine : 2ème économie mondiale, et après ?

Par Mounia Ben Aïssa

En plateau :

  • Alison SMALE, Directrice de la rédaction, International Herald Tribune
  • Anthony BELLANGER, Chef des informations, Courrier International
  • Mireille DUTEIL, Rédactrice en chef adjointe, Le Point
  • Dominique LAGARDE, Grand Reporter, service monde, l’Express

Une émission préparée par Mounia Ben Aïssa

 

Dans "Une semaine dans le monde" : Pakistan, où en est la situation ? Obama et la mosquée de Ground Zero. Irak: le retrait des troupes américaines de combat. Chine : 2ème économie mondiale, et après ?

 

 

SUJAWAL — Les eaux continuaient de lentement refluer mardi dans la basse vallée de l'Indus, mais deux villes étaient toujours menacées, plus d'un mois après le début d'inondations dévastatrices au Pakistan où les risques d'épidémies et de famine sont élevés, avertissent les humanitaires.

Ces dix derniers jours, des millions de personnes ont fui leurs villages dans la province méridionale du Sind, et évacué des grandes agglomérations à mesure que les flots de l'Indus rompaient les digues en dévalant vers l'embouchure du fleuve dans la mer d'Oman.

Toutefois, avec le début de décrue enregistré, la cité de Thatta est maintenant "hors de danger", a confirmé mardi à l'AFP Hadi Bakhsh Kalhoro, un responsable municipal, ajoutant que la grande majorité de ses 300.000 habitants avaient pu regagner leurs maisons.

Dans une autre ville située non loin de là, Sujawal, inondée dimanche après avoir été, comme Thatta, vidée de la quasi-totalité de ses 120.000 âmes, on s'employait, à bord de canots pneumatiques, à secourir des récalcitrants réfugiés sur les toits des habitations en béton, les autres, en terre séchée, n'ayant pas résisté, a raconté un journaliste de l'AFP.

Les flots se dirigeaient encore mardi de Sujawal vers deux cités en contrebas, Jati et Choohar Jamali, que leurs 100.000 habitant ont déjà quittées.

Le niveau de l'eau a continué de baisser graduellement pour la deuxième journée consécutive dans la basse vallée de l'Indus, a déclaré à l'AFP Qadir Palijo, un responsable du barrage de Kotri, à une centaine de kilomètres au nord de Thatta. Au plus fort de sa crue, ce fleuve avait atteint 40 fois son volume normal.

Le Sind est devenu la province la plus inondée du Pakistan, les eaux ayant laissé place à la boue dans les régions septentrionales et du centre.

Sept millions de personnes ont été déplacées dans le Sind, dont 19 des 23 districts sont sous les eaux et un million ont fui villes et villages pour les seules journées de vendredi et samedi, au plus fort du danger, essentiellement dans le district de Thatta.

Huit millions de sinistrés, dont cinq millions de sans-abri, ont besoin d'une aide d'urgence dans ce pays de 170 millions d'habitants, selon l'ONU, l'exode massif du Sind devant sans doute faire augmenter ces chiffres.

Le bilan officiel des morts, pour l'heure de 1.645, va aussi considérablement s'accroître à mesure que les eaux vont se retirer, ont prévenu les autorités.

Le Pakistan est confronté à la pire et, sans doute la plus longue, crise humanitaire de son histoire, avec des risques élevés de famine et d'épidémies, sans compter l'effort de reconstruction, mettent en garde gouvernement et humanitaires.

"Une tripe menace" pèse désormais sur la population, a averti à Islamabad Mme Josette Sheeran, la directrice du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies : "les gens ont perdu leurs semences, leurs récoltes et leurs revenus, ce qui les rend vulnérables à la faim, à l'absence de logement et au désespoir. La situation est extrêmement critique".

Anthony Lake, à la tête du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), a souligné que près de 8,6 millions d'enfants étaient affectés, insistant sur "l'éventualité d'une deuxième vague de maladies" liées à l'usage de l'eau, surtout "si nous ne pouvons atteindre les gens pour leur fournir de l'eau propre, une alimentation adéquate, des installations sanitaires et les vacciner".

Enfin, le retrait des eaux accroît les risques liés aux explosifs de guerre délogés et emportés par les flots dans des zones qui avaient auparavant été déminées, a relevé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

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