Mariage gay: "Je suis homosexuel et le 13 janvier 2013, je me suis senti insulté"

Publié le par Gérard

Mariage gay: "Je suis homosexuel et le 13 janvier 2013, je me suis senti insulté"

MARIAGE POUR TOUS - "La 'pensée unique' est malheureusement bien celle qui oppresse, qui juge et qui rejette", regrette Timotheegirard.

afp.com/Thomas Coex

 

Chers amis et chers ennemis,  

 

J'ose le mot "ennemi" car c'est le seul qui me vient à l'esprit après avoir vu défiler tant de monde contre le mariage gay dimanche. Défiler contre un projet d'égalité, qui ne ferait que reconnaître l'existence légitime des homosexuels devant l'Etat français. 

 

L'homosexualité a, doit-on le rappeler, toujours existé? Bien avant les religions catholique et musulmane, deux hommes, deux femmes, déjà, savaient s'aimer et faire de grandes choses au sein de leur couple.  

 

La 'pensée unique' est malheureusement bien celle qui oppresse, qui juge et qui rejette 

 

En 1981, la France commençait à combattre l'homophobie en retirant l'homosexualité de la liste de ses maladies. En 1982 une loi qui pénalise l'homophobie voit le jour. Deux avancées qui donne le droit à des gens de même sexe qui s'aiment d'exister.  

 

Malgré cela, rien n'est gagné, et les mentalités n'évoluent que très doucement. On continue de donner aux gays et lesbiennes ce sentiments de ne pas faire partie du peuple français. Il semblerait qu'ils ne soient que tolérés. Ils n'ont pas les même droits. 

 

"Vous avez déjà le Pacs!", me répondrez-vous. Oui, je l'entends sans cesse. Mais nous n'avons pas le choix. C'est le Pacs ou rien d'autre. Alors que d'autres pays ont déjà évolués depuis des années sur cette question, la France ne fait que s'enfoncer dans la grande "pensée unique". Car la "pensée unique" est malheureusement bien celle qui oppresse, qui juge et qui rejette. 

 

Virginie Merle, alias Frigide Barjot, l'une des porte-paroles de ce rassemblement, a réussi un "coup" en réunissant autant de monde à Paris dimanche dernier. Mais il est fort intéressant de rappeler quelques-uns de ses faits d'armes. En décembre 2011, elle s'est opposée à la pièce Golgota Picnic, comme les intégristes catholiques de Civitas qui la considéraient comme insultante envers le sacré

 

Derrière cette amuseuse publique, il y a une volonté de déringardiser la religion catholique. Et Frigide Barjot n'en a pas fini de vouloir se rendre utile pour la religion catholique. Elle paraît sympathique et ouverte, Frigide Barjot. Mais elle l'est moins lorsqu'elle manifeste avec Christine Boutin contre l'IVG, une avancée fondamentale de la société. 

 

Le droit de manifester est bien sûr un droit fondamental de notre démocratie, de notre République. Mais avant de louer ce droit de manifestation, il faudrait rappeler la devise de ce pays. Liberté, Egalité, Fraternité. Et j'aimerais y ajouter Laïcité. Voilà une Eglise qui, quand elle s'engage contre le mariage gay, mélange prière et politique. Voici qu'elle fait la morale aux parents en distribuant des tracts avec le bulletin scolaire de leur enfant.

 

La laïcité, c'est l'intelligence de la République 

 

La France se construit depuis plus d'un siècle dans la laïcité, la séparation des Eglises et de l'Etat. Sans cette loi, où seraient les droits fondamentaux qui ont été acceptés depuis? L'IVG, le divorce, la dépénalisation de l'homosexualité et les droits des femmes (encore malheureusement bien incomplets aujourd'hui)... La laïcité, c'est l'intelligence de la République. Trop de gens l'oublient en ce moment. 

 

L'homophobie, évidemment qu'elle était présente dans les différents cortèges hier. Tous les manifestants? Non... Mais quelques-uns, sinon des centaines, irréductibles fermés d'esprits, campés sur leurs positions violentes et haineuse avaient des pancartes assez explicites pour faire comprendre que les homophobes ont encore le droit de parole discriminative, malgré la loi qui le leur interdit. Parmi leurs slogans: "On a besoin d'enfants, pas d'homosexuels", "touche pas à Mon mariage" (sous-entendu:"toi homo, tu ne fais pas partie du même peuple que moi"...),"ne volez pas nos enfants", ... et ce ne sont que quelques exemples.  

 

J'ai 23 ans, je suis homosexuel, et je n'ai qu'une chose à vous dire:

 

le 13 janvier 2013, je me suis senti insulté, blessé, mis à part, rejeté par ces cortèges qui scandaient notre non-droit.

 

Je ne crache pas sur votre droit à la liberté d'expression, ni sur votre liberté de penser. Mais à chacun ses droits. Vive le progrès, la tolérance, la laïcité, la liberté, l'égalité, la fraternité. Vive la République et vive la France!

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