Mali. Incertitudes autour de la mort des chefs islamistes Abou Zeid et Belmokhtar

Publié le par Gérard

Photo-montage de captures d'écran de vidéos sur lesquelles apparaîssent Abdel Hamid Abou Zeid (G), un des chefs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et Mokhtar Belmokhtar (D), chef du groupe jihadiste responsable de la prise d'otages d'In Amenas (Algérie).

Photo-montage de captures d'écran de vidéos sur lesquelles apparaîssent Abdel Hamid Abou Zeid (G), un des chefs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et Mokhtar Belmokhtar (D), chef du groupe jihadiste responsable de la prise d'otages d'In Amenas (Algérie).

( AFP / FRANCETV INFO)
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Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar ont-ils été tués au cours de l'opération française au Mali ? L'information est toujours difficile à confirmer, lundi 4 mars. Le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, a répété lundi soir, sur France 2, ne pas avoir "de preuve de mort" des chefs islamistes. Un peu plus tôt, le président tchadien a maintenu que les deux hommes avaient été tués. De son côté, la radio RFI publie une photo présentée comme étant celle du cadavre de Belmokhtar. Francetv info revient sur ces informations contradictoires.

Acte 1 : la France se veut très prudente sur leur mort

Lundi matin, le chef d'état-major des armées françaises, Edouard Guillaud, affirme sur Europe 1 que la mort d'Abou Zeid est "probable""Nous ne pouvons avoir de certitude pour l'instant, parce que nous n'avons pas récupéré le corps", précise-t-il, ajoutant : "Ce serait une bonne nouvelle."

Concernant Mokhtar Belmokhtar, également donné pour mort par les Tchadiens, il répond : "Je suis d'une extrême prudence", citant les démentis apparus sur les forums islamistes.

 

Acte 2 : un jihadiste confirme la mort d'Abou Zeid, dément celle de Belmokhtar

Sous couvert d'anonymat, un jihadiste d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) assure à l'agence mauritanienne d'informations en ligne Sahara Medias, qu'Abou Zeid a été éliminé "par un bombardement aérien français dans les montagnes" des Ifoghas, dans le nord-est du Mali.

Il dément, en revanche, la mort de l'autre dirigeant islamiste, Mokhtar Belmokhtar, "pour la simple raison qu'il se trouve dans la région de Gao", dans le nord du Mali mais plus au sud du massif des Ifoghas, "où il mène les combats contre l'ennemi".

Acte 3 : le président tchadien persiste et signe 

Premier à l'avoir officiellement annoncée, Idriss Deby a confirmé lundi soir la mort des deux hommes. "Deux des chefs terroristes, Abou Zeïd et Mokhtar Belmokhtar, qui écument le Nord Mali, ont trouvé la mort lors des affrontements qui ont eu lieu le 22 février et 2 mars dans le massif Adrar, au Nord Mali, entre les forces armées tchadiennes et les islamistes", a déclaré le président tchadien lors de l'inauguration d'une centrale électrique en banlieue de N'Djamena.

Acte 4 : RFI publie une photo présentée comme celle du cadavre de Belmokthar

Radio France internationale publie sur son site une "photographie exclusive", prise par son envoyé spécial à Tessalit, dans l'extrême nord-est du Mali. Celle-ci montre l'image d'un cadavre sur un téléphone portable.

Selon la radio, "des militaires tchadiens revenant du front ont montré au journaliste des photos prises sur leur téléphone portable, en affirmant que ce cadavre était bien celui de Mokhtar Belmokhtar".

 Acte 5 : La France répète qu'elle n'a "pas de preuve de mort"

"Je n'ai pas de preuve de la mort" d'Abou Zeid ni de Mokhtar Belmokhtar, a répété le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, dans l'émission "Mots croisés", sur France 2. "Je ne vous dirai pas que l'un et l'autre sont morts car je ne le sais" pas. "Tant que le ministre de la Défense n'a pas de preuve tangible, je ne peux pas le dire", a-t-il ajouté. 

Concernant les otages français au Sahel, le ministre a affirmé qu'"au moment où nous parlons, tout laisse à penser" que les otages français retenus au Sahel "sont en vie". "Nous sommes actifs" pour libérer la famille française enlevée au Cameroun, a-t-il ajouté.

Francetv info avec AFP

Publié dans Terroristes Islamiques

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