Les candidats socialistes à la primaire embarrassés par la «règle d'or» budgétaire

Publié le par Gérard

Ségolène Royal, François Hollande, Martine Aubry.

Ségolène Royal, François Hollande, Martine Aubry.  

La crise des dettes souveraines et la volatilité boursière ont contraint les socialistes à se positionner à nouveau sur la «règle d’or» d’équilibre budgétaire, le gouvernement les pressant de voter une réforme qu’il serait, selon lui, «irresponsable» de refuser.

Sans le PS, le gouvernement ne pourra pas réunir la majorité des 3/5èmes requise au Congrès pour faire inscrire le retour progressif à l’équilibre budgétaire dans la Constitution comme il le souhaite.

Jusqu’ici les socialistes ont affirmé qu’ils ne voteraient pas cette réforme, dénonçant une «opération de communication» du chef de l’Etat et accusant sa politique d’avoir causé l’essentiel de l’endettement français.

Mais le contexte de la crise financière a changé la donne, d’après la majorité. La porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse, a affirmé mardi à l’AFP que cette règle constituerait une «ceinture de sécurité» pour les finances publiques et qu’il serait «irresponsable» de la part des socialistes de la refuser. Le député UMP Etienne Pinte, proche du Premier ministre, a pour sa part suggéré un référendum sur le sujet.

Sur le fond, les candidats socialistes à la primaire des 9 et 16 octobre qui se sont exprimés ces derniers jours sont tous d’accord pour le désendettement. L’ancien Premier ministre Laurent Fabius a assuré mardi sur France Inter que «les socialistes sont des gens budgétairement sérieux».

Si François Hollande est hostile à la «règle d’or», c’est parce qu’il veut des actes immédiats: cette réforme «telle qu’elle a été votée par la majorité, est factice puisque son application n’est pas prévue avant 2013», dit-il. Et de proposer que le projet de loi de finances (PLF) 2012 comporte l’engagement de la France «à respecter sa trajectoire de retour sous la barre des 3% (de déficit public) en 2013».

Royal et Valls prêts à discuter

Idem pour Manuel Valls qui demande des engagements dans le PLF 2012. Lui et Ségolène Royal se disent «prêts à discuter» avec le chef de l’Etat, mais à condition notamment que Nicolas Sarkozy ajoute un volet à la règle d’or, celui d’une meilleure justice fiscale, en supprimant les niches fiscales.

Pour Martine Aubry, «si on tient ses engagements en matière de désendettement, il n’y a pas besoin d’inscrire une +règle d’or+ dans la Constitution. Il vaut mieux faire, que dire,» souligne un de ses porte-parole, Olivier Dussopt, auprès de l’AFP.

Le seul à dénoter est Arnaud Montebourg: le chantre de la «démondialisation» se dit opposé sur le fond à cette «règle d’or» estimant qu’elle consacrerait «la victoire des marchés et la fin de la politique: les peuples perdraient la liberté de faire autre chose que ce que les marchés ont décidé».

Il réclame au contraire «la mise sous tutelle du système financier» grâce à «une loi» qui comprendrait, entre autres, «le démantèlement des agences de notation en prohibant leur activité lucrative».

Interrogé par l’AFP Elie Cohen, économiste au CNRS, juge que «les socialistes ont fait preuve de responsabilité en déclarant d’emblée que s’ils venaient au pouvoir ils tiendraient l’engagement de 3% (de déficit public) en 2013».

Selon lui, l’assainissement des comptes publics est «tellement important qu’il faut qu’il y ait un large accord» sur ce sujet. «Cela ne peut pas se faire dans le cadre d’un bras de fer électoral».

Il a plaidé pour une «règle d’or» comportant deux volets: «un volet qui contraint les dépenses et les recettes à moyen et long terme et un volet de réforme fiscale plus juste».

(Source AFP)

Publié dans Ségolène Royal

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