Leçon politique

Publié le par Gérard

HABEMUS PAPAM ! Une fois de plus, les cardinaux ont déjoué les pronostics. Le pape élu n'était plus attendu. Jorge-Mario Bergoglio avait été pressenti lors du précédent conclave, mais il n'avait pas voulu se prêter à une opération anti-Ratzinger. Il voulait lui-même l'élection du cardinal-préfet. Considéré comme trop vieux en 2013 — il a 76 ans — il n'était plus qu'un grand électeur. Mais l'Eglise n'a pas d'âge, et les cardinaux ont de la mémoire.

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La principale leçon est celle-ci. Le monde était suspendu au choix d'un réformateur de curie, comme si la priorité de l'Eglise était la réforme de son organisation. Dieu sait si les dysfonctionnements de la curie ne sont pas d'hier. Jean Paul II, Benoît XVI qui n'étaient pas des administrateurs, en avaient conscience plus que d'autres. Leur enseignement a été constant à ce sujet : faites-moi de la bonne évangélisation, l'intendance suivra (Jean Paul II) ; soyez des saints, l'Eglise vous donnera de la bonne administration (Benoît XVI). Le pape François ne fera pas autre chose : "Cheminer, édifier, confesser" avec le "courage de la croix du Christ", là sont les vraies priorités.

 

Les cardinaux ont montré au monde que l'Eglise n'était pas une administration. Encore moins une entreprise. Ce qui compte, c'est la finalité, et sa finalité n'est ni fonctionnelle, ni mondaine. Pour autant, il y a de la sagesse toute prudentielle dans ce rappel. Même Jean Paul II, quand il parlait de l'Onu, demandait pour elle une réforme "morale". Pour changer la société, il faut changer les hommes. C'est une leçon toute politique que l'on peut garder à l'esprit pour nous, laïcs chrétiens engagés sur le front de l'animation de l'ordre politique par l'esprit de l'Evangile.

 

L'autre leçon, c'est l'unité de l'Eglise, par delà les charismes et les multiples demeures spirituelles qui l'habitent dans le Christ. Rien de plus éprouvant que cette lecture dialectique de l'élection du pape François, comme si tout allait "changer", que l'Eglise allait se réveiller, en montrant un visage acceptable. Exit le vieux pape doré, enfin un pape pauvre et moderne. On peut le dire : les naïfs et les incultes vont être déçus. Les papes sont comme les testaments : le nouveau se cachait dans l'ancien, et l'ancien se révélera dans le nouveau.

Philippe de Saint-Germain

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