Le conflit en Abkhazie et Ossétie du Sud.

Publié le par Gérard

Laure Delcour, directrice de recherche à l'IRIS, analyse le conflit en Abkhazie et Ossétie du Sud, et nous donne des éléments de compréhension.

  
Une femme ossète marche dans les rues de Tskhinvali, la capitale de l'Ossétie du Sud. Dans la ville en partie détruite par les affrontements et les bombardements, les rares habitants qui n'ont pas fui sortent de leurs abris et constatent les dégâts, se saluent ou partent en quête de ravitaillement.

 

Une femme ossète marche dans les rues de Tskhinvali, la capitale de l'Ossétie du Sud. Dans la ville en partie détruite par les affrontements et les bombardements, les rares habitants qui n'ont pas fui sortent de leurs abris et constatent les dégâts, se saluent ou partent en quête de ravitaillement.

Les négociations entre Géorgiens et Russse, après cinq jours d'affrontements, bloquent sur cette question. Si Moscou veut rediscuter le statut de ces deux territoires séparatistes géorgiens, Tbilissi exclut toute discussion à ce sujet.

 

La Russie insiste sur la nécessité de rediscuter du statut des territoires séparatistes de Géorgie au niveau international, un principe rejeté par Tbilissi, a déclaré mercredi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

"Le statut n'est pas cité" explicitement dans la version finale du texte proposé par la France, mais la discussion de la question de sécurité de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie "est impossible hors du contexte de leur statut", a dit Lavrov devant la presse. 

La modification du document proposée à la demande de Tbilissi par le président Nicolas Sarkozy par téléphone au président russe Dmitri Medvedev, qu'il avait rencontré plus tôt mardi à Moscou, "a été acceptée, car elle ne change rien sur le fond", a précisé le ministre russe des Affaires étrangères. 

 

La Géorgie a accepté cinq des six points d'un plan de paix européen mardi prévoyant un arrêt des hostilités, mais le président géorgien Mikheïl Saakachvili a rejeté toute discussion sur le statut de ses deux territoires séparatistes.

 

Sarkozy a expliqué dans la nuit à Tbilissi que le point six de l'accord, qui prévoyait "l'ouverture de négociations internationales sur le statut futur", évoquait désormais des discussions internationales sur "les modalités de sécurité et de stabilité ".

Refus abkhaze et ossète

L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud sont de facto indépendantes depuis des conflits armés au début des années 1990 et disposent du soutien politique et militaire de Moscou.

Les dirigeants de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, deux territoires séparatistes géorgiens pro-russes, ont pour leur part rejeté l'idée de négociations avec la Géorgie, accusant Tbilissi de "génocide", a rapporté mercredi l'agence russe Interfax depuis Soukhoumi, la capitale abkhaze.

"Il n'y aura plus aucune négociation avec la Géorgie", a réaffirmé le président abkhaze, Sergueï Bagapch, "on ne mène pas de négociations avec les criminels d'Etat, on les juge".

"Avec les organisateurs d'un génocide on ne discute pas (...) seuls les juges d'un tribunal international peuvent parler avec eux", a lancé Edouard Kokoïty, le dirigeant de l'Ossétie du Sud, coeur du conflit actuel entre Russes et Géorgiens.

Le président de l'Ossétie du Sud a par ailleurs réclamé mardi le rattachement de ce territoire à l'Ossétie du Nord, une région du sud-ouest de la Russie, a rapporté l'agence russe RIA-Novosti. "Nous sommes peu nombreux, un peuple divisé. C'est un problème et bien sûr nous allons chercher l'union avec l'Ossétie du Nord", a déclaré Koïkoty.

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