Lance Armstrong aurait reconnu s'être dopé

Publié le par Gérard

Lance Armstrong à New York en septembre 2010.
Lance Armstrong à New York en septembre 2010. (Photo Timothy A. Clary. AFP)

 L'ancien coureur cycliste a enregistré lundi l'interview attendue avec la présentatrice Oprah Winfrey, qui doit diffuser l'entretien jeudi soir.

 

Après des années de farouches dénégations, le cycliste américain Lance Armstrong, déchu à l’automne de ses sept titres au Tour de France, a avoué s'être dopé lors d’une interview enregistrée lundi, a rapporté USA Today. Le cycliste est passé pour la première fois aux aveux devant la star de la télévision américaine Oprah Winfrey, selon le site internet du quotidien américain qui cite une source anonyme.

 

Interrogé par l’AFP, Mark Fabiani, porte-parole de l’ancien champion américain, s’est refusé à tout commentaire. «Nous nous sommes mis d’accord avec l'équipe d’Oprah pour ne faire aucun commentaire jusqu'à la diffusion de l’interview et nous respecterons cet accord», a-t-il indiqué. Peu après cet entretien qui doit être diffusé jeudi, Oprah Winfrey a expliqué sur son compte Twitter que la rencontre avait duré plus de deux heures et demie et qu’elle avait eu en face d’elle un Armstrong «prêt» à parler, sans donner plus de détails.

Armstrong aurait reconnu avoir commencé à se doper au milieu des années 90, avant son cancer, détecté en 1996. De son côté, le New York Times, qui cite également lundi une source anonyme, indique qu’Armstrong serait prêt à témoigner contre des dirigeants de la Fédération internationale de cyclisme (UCI), comme le Néerlandais Hein Verbruggen, son président de 1991 à 2005, et l’Irlandais Pat McQuaid, son successeur, ainsi que contre des dirigeants de l’US Postal mais pas contre d’anciens coureurs.

 

Une décennie de démentis

Il s’agit de la première interview d’Armstrong depuis que l’UCI l’a lourdement sanctionné l’automne dernier. Le Texan de 41 ans a été déchu de ses titres au Tour de France (1999-2005) et radié à vie après la publication d’un dossier de l’Agence américaine antidopage (Usada) l’accusant d’avoir contribué à la mise en place du «programme de dopage le plus sophistiqué jamais vu dans l’histoire du sport» au sein de l'équipe US Postal.

 

Ces aveux mettent fin à plus d’une décennie de démentis et de déni malgré des accusations de plus en plus précises au fil des ans. En juin, quand l’Usada l’a mis en accusation, Armstrong expliquait encore : «Je ne me suis jamais dopé et, contrairement à nombre de mes accusateurs, j’ai fait du sport d’endurance pendant vingt-cinq ans sans pic de performance et passé près de 500 contrôles antidopage sans jamais avoir été contrôlé positif.»


 «J’aurais préféré qu’il fasse cela lors d'émissions (sérieuses) comme Face the Nation ou Meet the Press où il aurait eu à répondre à des questions virulentes», a indiqué Dick Pound, l’ancien président de l’Agence mondiale antidopage (AMA). «Si les questions [d'Oprah Winfrey, ndlr] ne sont pas assez dures, peut-être que le public sera encore plus agacé et sa tentative de se racheter aura échoué.»


De son côté, l'Union cycliste internationale a préféré attendre de visionner cet entretien avant de se livrer à tout commentaire. Dans un communiqué, l’UCI dit «prendre acte des spéculations de la part des médias à propos de l’interview ainsi que des affirmations selon lesquelles il est passé aux aveux et a admis s'être dopé pendant sa carrière cycliste».


«Si ces affirmations se révélaient exactes, nous encouragerions fortement Lance Armstrong à témoigner devant la Commission indépendante établie pour enquêter sur les allégations portées à l’encontre de l’UCI dans le cadre de la récente décision motivée de l’USADA sur Lance Armstrong et l'équipe United States Postal Service (USPS)», ajoute la Fédération.

 

 Excuses à Livestrong

Depuis les sanctions de la justice sportive, Armstrong a perdu la plupart de ses sponsors et a dû couper les ponts avec Livestrong, la Fondation de lutte contre le cancer qu’il avait créée en 1997 après avoir vaincu la maladie et qui a levé plus de 500 millions de dollars (375 millions d'euros) pour cette cause. Quelques heures avant l’interview, enregistrée à son domicile, la star déchue avait présenté ses excuses auprès des membres de la fondation.

 

«Lance est venu au siège de la Fondation Livestrong aujourd’hui [lundi, ndlr] pour une entrevue privée avec nos membres et s’est excusé sincèrement pour les moments pénibles qu’ils ont vécus à cause de lui», a déclaré une porte-parole de l’association, Rae Bazzarre, sans autres précisions. Cette dernière a ajouté qu’Armstrong avait poussé ses membres «à poursuivre leur excellent travail pour lutter avec les personnes» atteintes du cancer.

 

Les aveux de celui qui fut pendant sept ans l’impitoyable patron du peloton du Tour de France pourraient avoir de nombreuses ramifications juridiques. Il pourrait s’exposer à des poursuites pénales qui pourraient le conduire en prison, selon certains juristes. «Le pire qui puisse lui arriver est qu’il soit reconnu coupable de parjure», explique le professeur de droit Michael McCann. L’ancienne sprinteuse américaine Marion Jones, qui avait avoué s'être dopée devant Oprah Winfrey en 2008, avait passé six mois en prison pour avoir menti aux enquêteurs fédéraux.

 

(AFP)

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