La République des "pas vu pas pris"

Publié le par Gérard

 
 

 

Dom la ménagère

Durant sa campagne, Nicolas Sarkozy promettait une "République irréprochable", "nominations irréprochables", "que les ministres rendent des comptes", "qu'ils s'engagent sur des résultats".

"Je veux changer la pratique de la République", promettait encore le futur Président. "Plus de simplicité, plus de proximité"

"Plus d'humilité".

On l'a déjà dit, on ne le répétera jamais assez, "les promesses n'engagent que les idiots qui y croient", donc personne ne devrait être surpris aujourd'hui de voir que, non seulement, rien n'a changé dans les pratiques de la République, mais que, mieux !
Par certains côtés, les choses sont encore pires.

L'irréprochabilité de sa République à Nicolas est démontrée tous les jours, les affaires s'enchaînant les unes aux autres telles un magnifique collier de perles, depuis son escapade en yacht Bolloré, au Fouquet's en passant par l'Epad, Woerth jusqu'à bientôt Karachi, question irréprochabilité effectivement, nous sommes drôlement gâtés.

La semaine dernière, dans Le Canard Enchainé, ces histoires d'appartements de fonction de ces fameux ministres à la conduite irréprochable, et de leur minimisation des superficies. Je n'ai toujours pas bien compris la raison et l'intérêt de ces fausses déclarations, ne pas choquer les gueux ?

Et hier, deux titres dans la presse, rien de vraiment méchant, l'histoire d'un (encore) jeune loup aux dents blanches, Gilles Dufeigneux, qui, après avoir fait campagne pour le Président et ne pouvait donc pas en ignorer les promesses, s'est retrouvé proche conseiller de François Fillon.
Cet (encore) jeune homme s'est donc retrouvé ces jours derniers dans une situation fort ennuyeuse.

Ivre, il manque de renverser un scooter, se fait arrêter, refuse le contrôle d'ethylotest et d'identité, se montre insultant envers la police, et pour finir, menace un des policiers.

Bon, boire, ça arrive à peu près à tout le monde, rouler bourré, ça peut aussi, par contre, brandir sa carte de Matignon en menaçant la police, c'est pas donné à tout le monde.

Finalement non verbalisé et raccompagné chez lui par un commissaire, il a d'abord été suspendu par François Fillon avant de présenter finalement sa démission.

Ce politique breton avait, avant sa nomination fait quelques déclarations qui avec le recul ne manque pas de sel (breton, forcément):

"Je m'engage en politique mais je prends les choses comme elles viennent. Je ne suis pas un homme pressé... (...) Les gens attendent des résultats. On ne sera pas là pour beurrer les tartines".

Ca, c'est sûr, ce ne sont pas les tartines qui étaient beurrées, l'autre soir.

Mais ce qui est le plus frappant et fait moins rire finalement dans cette anecdote n'est pas tant l'attitude du conseiller, qui, tel un "people" ou une "star" aurait fait preuve d'arrogance et de suffisance en s'estimant au dessus des lois, et des sanctions (à juste titre d'ailleurs, puisqu'il n'a eu ni amende, ni alcoolémie et quand même été raccompagné chez lui par un commissaire de police, essayez, vous pour qu'on s'amuse), non, ce qui me frappe finalement le plus, ce sont les titres dans les médias suite à cette "historiette" :

"Il avait refusé un alcootest mais, la nouvelle rendue publique, n'a pu éviter la démission", écrivent Europe 1 et SFR.

Ce n'est pas l'attitude peu respectueuse et suffisante du conseiller qui dérange, ce n'est pas le fait que le type roule bourré et envoie promener les officiers de police et qu'il refuse de se soumettre à leur contrôle, mais qu'il démissionne parce qu'il s'est fait choper la main dans le pot de beurre (1/2 sel).

Donc d'un côté, si rien n'est su, rien ne se passe, et de l'autre, si ça se sait, "on" (qui on le rappelle est un con) clame alors que les médias sont médisants, et "on" parle d'acharnement médiatique et de campagne de dénigrement.

Où est la solution alors ?

Le Président voulait une république irréprochable


Nous avons la République du Pas vu, pas pris.

On a la République qu'on mérite ?

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