La pression s'accentue sur Eric Woerth .

Publié le par Gérard

Eric Woerth (Sipa)
Eric Woerth (Sipa)

Les critiques à l'encontre d'Eric Woerth, qui a reconnu jeudi 2 septembre avoir demandé dans une lettre à Nicolas Sarkozy la Légion d'honneur pour le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt Patrice de Maistre, sont reparties de plus belle, alors que le ministre est empêtré dans l'affaire Bettencourt depuis des semaines.

 

La députée PS Marisol Touraine, l'une des principales oratrices du groupe socialiste sur les retraites, a proposé vendredi un nouveau ministre" en remplacement d'Eric Woerth pour reprendre les négociations avec les syndicats et les parlementaires.

 

"La seule bonne solution serait de reprendre les négociations avec un nouveau ministre", a déclaré la députée de l'Indre à l'AFP. Son collègue Claude Bartolone a quant à lui tout bonnement demandé la démission du ministre du Travail, "qui a menti" dans l'affaire Bettencourt.

 

L'ex-premier secrétaire du PS François Hollande a jugé que la position du ministre du Travail Eric Woerth était devenue "intenable" au gouvernement.

 Les députés PCF et apparentés ont pour leur part demandé au président Nicolas Sarkozy de retirer à Eric Woerth le dossier des retraites.

 

Les syndicats s'y mettent

Même les syndicats, qui jusque-là n'avaient pas accablé le ministre, ont commencé à hausser le ton.

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a affirmé que les démêlés d'Eric Woerth constituaient "un vrai problème" car "on n'aborde plus du tout le fond du dossier", dans un entretien avec son homologue CGT Bernard Thibault au quotidien Les Echos.

 

Après cette nouvelle montée au créneau, la majorité est intervenue par la voix plusieurs de ses ténors, fébrilement, pour défendre le ministre.

"Est-ce que quand un ministre ment, c'est grave?", a-t-il été demandé à Jean-François Copé sur RMC. Ce a quoi le chef de file des députés UMP a répondu de manière maladroite : "cela dépend du contenu du mensonge".

Frédéric Lefebvre semble lui, pratiquer la méthode Coué, et a fait mine de ne pas entendre l'orage qui gronde.

 

Les attaques contre Eric Woerth ont "fait flop" car l'affaire Bettencourt "n'est en rien une affaire politique" mais "une affaire familiale", a-t-il déclaré sur RTL.

Devant l'ampleur du tumulte, Nicolas Sarkozy a renouvelé son soutien au ministre du Travail, mais de manière laconique.

 

Interpellé par la presse après une table-ronde sur l'industrie à Montbard, Nicolas Sarkozy a répondu par un "oui" appuyé, et énervé, à la question "est-ce que vous apportez toujours votre soutien à Eric Woerth ?"

 

A une autre question, "est-ce que le ministre du Travail est toujours à même de défendre la réforme des retraites ?", il s'est contenté d'acquiescer avant de tourner le dos aux journalistes, sans autre remarque.

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