La mission de Christine Boutin, «on voit bien que c'est bidon».

Publié le par Gérard

 

Christine Boutin, le 9 janvier 2010, à la Maison de la Chimie, à Paris

Christine Boutin, le 9 janvier 2010, à la Maison de la Chimie, à Paris WITT / SIPA

REACTIONS - Mission réelle, mission bidon? Salaire logique ou indécent?...

Payée 9.500 euros par mois, la mission qui aurait été confiée à Christine Boutin crée la polémique. L'ancienne ministre du Logement a confirmé qu'elle planchait sur «les conséquences sociales de la mondialisation», se sentant même obligée de se justifier: «Ce n'est pas une mission bidon». Chacun a sa petite idée sur la question.

«Vrai travail» ou «mission d'apparence»?

«D'abord attendons que les pouvoirs publics confirment cette rumeur. Tout dépend de savoir si c'est un vrai travail, réel, ou simplement une mission d'apparence», a estimé Jack Lang (PS) invité des 4 Vérités sur France 2.

«C'est un travail et à tout travail correspond une rémunération (...) la rémunération correspond je crois à l'équivalent d'une rémunération d'un haut fonctionnaire. Donc je ne vois pas ce qu'il y a de scandaleux dans la rémunération de Mme Boutin», a répondu le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

«Vous verrez bien au moment où elle rendra son rapport»

«Elle se situe dans les salaires de 1.200 hauts fonctionnaires. C'est dans les très hauts salaires, et naturellement elle le cumule avec son avantage vieillesse parlementaire qui est de l'ordre de 6.000 euros», a toutefois précisé le député René Dosière (apparenté PS) sur France Inter.

«Sans doute que cette mission, dont je ne connais pas la nature, mais je fais confiance à Christine Boutin, le justifie», a jugé Rama Yade. «Vous verrez bien au moment où elle rendra son rapport. Je pense que c'est à ce moment-là qu'on pourra faire un jugement plutôt que de faire un procès d'intention», a conclu la secrétaire d'Etat au Sport interrogée sur I>Télé.

Mais, pour François Hollande (PS), «quand on est retraité parlementaire, on n'a pas besoin d'avoir des missions supplémentaires».

«République bananière»

«Une mission sur la mondialisation, on voit bien que c'est bidon», a asséné Jean-Marc Ayrault dans les couloirs de l'Assemblée.«Qu'est-ce que vous voulez qu'elle fasse sur la mondialisation avec deux ou trois collaborateurs? On n'attend rien de la mission de Mme Boutin», a estimé le patron des députés PS, estimant que «c'est un service rendu pour gérer des histoires de majorité entre l'UMP, le Nouveau Centre, la tendance ultra-conservatrice de Mme Boutin».

«Est-ce qu'il y a vraiment mission? Est-ce un emploi réel ou fictif? Est-ce un vrai renoncement de Christine Boutin à la vie politique? Ou est-ce le salaire d'un renoncement à une candidature à l'élection présidentielle qui pourrait diviser la droite?», s'est pour sa part interrogé le député PS du Doubs Pierre Moscovici.

Noël Mamère a de son côté dénoncé les excès de notre «République bananière» en énumérant les récentes polémiques ayant trait au comportement de ministres, et rappelant le cas de Jacques Chirac «qui vit dans une sorte de palais sur les bords de Seine». Le député vert s'est indigné du fait que «dans un pays où on lance un plan de rigueur, où on va taper très fort sur les plus modestes, dans le même temps on voit s'étaler dans les journaux, les télévisions, des avantages, des prébendes, des libéralités, des magouilles d'un certain nombre de responsables politiques au plus haut niveau, qui gagnent des cents, des milles et qui se permettent ce qu'ils veulent».

 

J. M. avec agence
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