La guerre des poils

Publié le par Gérard

Parce que le poil renvoie à la bestialité, il a longtemps été admis que le nu bienséant devait être glabre. De façon paradoxale, le fait de rendre le sexe visible a donc longtemps fait partie des armes de la censure… Pour lutter contre cette censure, des hommes se sont battus. Et maintenant, d’autres se battent pour lutter en sens inverse. C’est la guerre du poil, la guerre qui n’en finira jamais…

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Les premières photos de femmes poilues apparaissent dès l’invention de la photographie, en conflit ouvert avec la morale de l’époque, qui veut, littéralement, arracher le sexe à la racine…. Dès  la création de la daguerréotypie, en 1832 (par le Français Louis Daguerre), des hommes s’élèvent contre les normes. Ils prennent sous le manteau des images licencieuses, au défi des lois qui, rapidement, interdisent l’obscénité pubienne (1). Armés de leur daguerréotype, les premiers photographes de l’histoire entament un long combat pour le droit de montrer les femmes entièrement, intégralement, des orteils jusqu’aux cheveux, en passant par la jungle touffue de leur motte. Cette production fait l'objet d'une législation répressive : les premières condamnations pénales tombent en France dès 1851. Malgré cela, les photos de nus prolifèrent dans la plus parfaite illégalité. Au début des années 1860, des milliers de photographes gagnent leur vie à Paris. La demande est très forte, notamment dans le domaine du sexe. N’importe qui peut ouvrir un atelier. La production française est tellement réputée que de nombreux photographes de Berlin ou de Londres déclarent que leurs photos érotiques sont du “made in France”. En 1900, les trois plus grands centres de production de photo érotique sont : Paris, Vienne et Budapest.

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