L’étrange golf de la famille Hersant et ses millions évaporés

Publié le par Gérard

Malgré les graves difficultés de ses journaux, le groupe Hersant a investi massivement dans un golf somptueux. La police enquête.


Le golf Robert-Hersant (Capture d’&eacute ; cran)

Ce mardi, Le Monde révèle l’ouverture d’une enquête préliminaire pour abus de biens sociaux, visant le Groupe Hersant Média. L’ancien géant de la presse régionale vient de céder ses derniers quotidiens français (La Provence, Nice-Matin...) à Bernard Tapie.

 

La brigade financière s’intéresse notamment à des « flux financiers suspects entre le groupe de presse, au bord de la liquidation fin 2012, avant sa reprise, et le prestigieux golf Robert-Hersant de Nantilly (Eure-et-Loir) ».

Il s’agirait de retrouver d’où provenaient et où sont passés 14 millions d’euros « qui auraient permis d’abonder les comptes de la SCI Golf de Nantilly ».

 

Opération secrète des salariés

Le site internet du golf décrit un cadre idyllique :

« Dix-huit trous implantés sur une centaine d’hectares autour de pièces d’eau dominées par des collines boisées d’arbres majestueux, tels que séquoias, ginkgos biloba, tulipiers de Virginie, liquidambars... »

Pour en profiter, la cotisation est de 2 250 euros par personne et par an (1 450 euros pour les étudiants).

C’est justement ce grand parc verdoyant que les salariés du journal Paris-Normandie, alors détenu par Groupe Hersant Média, ont envahi le 4 avril 2012. Bien avant que la justice ne demande des comptes.

Ce jour-là, un comité de groupe se tient à Torcy (Seine-et-Marne), dans un contexte tendu. « C’était la grosse déconfiture », se souvient Benoît Marin-Curtoud, délégué du Syndicat national des journalistes (SNJ) à Paris-Normandie.

 

La police s’attend à un débarquement massif des salariés du journal, qui ont affrété des cars et annoncé une manifestation à Torcy.

Au dernier moment pourtant, les délégués syndicaux mettent les salariés dans la confidence : leur cible n’est pas la réunion, mais le golf Robert-Hersant. Le rendez-vous a été tenu secret, raconte Benoît Marin-Curtoud :

« Nous avons voulu une action spectaculaire, médiatique et pas destructrice. »

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