L'éjaculation masculine à visage découvert

Publié le par Gérard

De l'interdit biblique au «cumshot» des films pornos, l'auteur et professeur Antonio Dominguez Leiva analyse la fin d'un interdit.

Le 2 mars 2008, à Nice. - photo Valéry Hache. AFP
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Comme souvent, l’histoire commence parce qu’un homme a déplu à Dieu. Onan, second fils de Judas, doit prendre pour épouse Tamar, la femme de son frère décédé. «Alors Juda dit à Onân : va vers la femme de ton frère, remplis avec elle ton devoir de beau-frère et assure une postérité à ton frère», peut-on lire dans la Genèse. «Cependant, Onân savait que la postérité ne serait pas sienne et, chaque fois qu’il s’unissait à la femme de son frère, il laissait perdre à terre pour ne pas donner une postérité à son frère. Ce qu’il faisait déplut à Yahvé, qui le fit mourir lui aussi.»


Onan éjacule mais ne veut pas procréer, immense péché. «L’éjaculation au grand jour constitue un tabou central dans la construction de la sexualité occidentale», juge Antonio Dominguez Leiva, écrivain et professeur à l'université du Québec à Montréal (Uquam). «Appuyée sur les écrits de saint Augustin contre la contraception manichéenne [...], l’Eglise médiévale part en guerre contre "les péchés contre la nature", plaçant le coitus interruptus au pinacle des "échelles de luxure", péché plus grave que la fornication ou l’adultère mais aussi que les relations d’un fils avec sa propre mère, qualifiées de "naturelles" puisqu’elles peuvent êtres suivies d’engendrement», ajoute-t-il. Dans un essai publié aux éditions le Murmure, Esthétique de l’éjaculation, Antonio Dominguez Leiva se demande comment nous sommes passés d’un interdit du Moyen Age au cumshot, l’éjaculation faciale, dans les films pornos.

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