Jean-Luc Mélenchon fait-il peur aux communistes?

Publié le par Gérard

Jean-Luc Mélenchon fait-il peur aux communistes?

Les alliés communistes de Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche pour 2012, lui ont fait part de leurs réticences face à sa verve populiste.

AFP/PATRICK KOVARIK

Agacé par le refus de François Hollande de débattre, le candidat du Front de gauche a repris ses attaques virulentes à l'encontre du socialiste. Certains communistes s'inquiètent. 

 

Jusqu'où peut aller Jean-Luc Mélenchon? "Capitaine de pédalo" dans "une saison de tempête" , "la même analyse de la crise" que Nicolas Sarkozy, tous les deux "des hommes d'un autre temps... Retranscrits dans le Journal du Dimanche, les propos du candidat du Front de gauche à l'égard de François Hollande sont durs. Une stratégie de différenciation assumée -"nous sommes en compétition avec eux"- qui inquiète ses "camarades" alliés du Parti communiste. 

 

Soucieux pour l'avenir de ses élus locaux, le PC a toujours respecté ses accords avec le PS, son allié historique. Dans une lettre envoyée à Pierre Laurent et à Marie-Georges Buffet et révélée par lemonde.fr, Jean-Claude Mairal, ancien président du conseil général de l'Allier, met en garde: "Cette attitude fait fuir un certain nombre d'électeurs communistes et renforce le vote utile en faveur du candidat socialiste". Patrick Le Hyaric, député européen, va plus loin: cette attitude "peut accréditer qu'on préfère que la droite reste au pouvoir". 

Il y a quelques mois, ses alliés communistes avaient déjà fait part de leurs réticences face à la verve populiste de l'ancien socialiste. A la fin 2010, ils lui avaient même demandé de revenir à plus de sérénité

"Jean-Luc Mélenchon est agacé"

 

Ian Brossat, président du groupe communiste au Conseil de Paris, joint par LEXPRESS.FR, ne semble pas inquiet: "J'approuve totalement les propos de Jean-Luc Mélenchon. Ce positionnement me convient. François Hollande joue la vierge effarouchée alors qu'il a fait toute sa carrière politique sur de petites phrases." 

Le système de l'élection présidentielle veut ça, c'est un combat direct entre individus 

Gilles Garnier, conseiller général PCF de Seine-Saint-Denis, minore lui aussi les attaques: "C'est le système de l'élection présidentielle qui veut ça, c'est un combat direct entre individus. Jean-Luc Mélenchon est agacé de ne pas avoir obtenu de réponse de François Hollande sur son offre publique de débat, à la différence de Jean-François Copé. Le PS nous traite par le mépris... Mais ils savent compter et auront besoin de nous dans certaines circonscriptions, donc tout ceci n'aura pas de conséquences. Et Jean-Luc sait qu'il n'est pas seul au sein du Front de gauche. S'il va trop loin, Pierre Laurent ne restera pas neutre." 

 

Pour l'instant la direction du PCF minimise. Dans Le Monde, Marie-Georges Buffet se veut rassurante: "L'objectif du Front de gauche est de battre Sarkozy et de faire réussir la gauche. Je pense que c'est le souci de Jean-Luc". Pierre Laurent parle "d'épiphénomène" et précise dans l'Humanité ce jeudi "nous n'avons qu'un seul adversaire: la droite".  

 

Secrétaire national du Parti de gauche, Eric Coquerel n'entend pas que son candidat baisse la garde: "Si François Hollande refuse de débattre, les choses vont continuer à se tendre, précise-t-il à LEXPRESS.fr. Les socialistes sont dans les sondages, ils doivent redescendre sur terre et venir se coltiner la réalité. La primaire, c'est fini." Opposé ce jeudi soir à Jean-François Copé sur France 2, Jean-Luc Mélenchon saura-t-il concentrer le tir sur l'UMP? 

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