Hervé Morin tacle Sarkozy sur l'insécurité.

Publié le par Gérard

Les universités d'été de ce week-end étaient promises à critiquer Nicolas Sarkozy. Mais tout du moins, le président pouvait-il s'attendre à un peu de tendresse de la part du Nouveau Centre. Perdu !

Le très effacé et très discret Hervé Morin, qui fut le dévoué second de François Bayrou avant de l'abandonner pour une carrière ministérielle, vient une nouvelle fois d'entrer en sécession.

 

Pressé par ses amis de donner un peu de corps à l'annexe de l'UMP, le ministre de la Défense et néanmoins futur candidat à la présidentielle a choisi de se démarquer sur la sécurité. Parce que sur l'affaire Woeth, comme l'a écrit Fred-Lille, là au contraire, il a soutenu mordicus son collègue.

Donc Morin a décidé de faire entendre une voix discordante, là ou Fadela Amara ou Bernard Kouchner ont fait profil bas : sur la sécurité.

"Nous ne sommes pas là pour cultiver la peur, a-t-il indiqué. Nous ne sommes pas là pour attiser la haine, nous ne sommes pas là pour rechercher des boucs émissaires. Nous ne sommes pas là pour rejeter la faute sur l'autre, c'est tellement plus facile."

Certes, il n'a pas nommé Sarkozy ou Hortefeux, mais les intéressés se reconnaîtront aisément.

Il ne faut pas se leurrer, si Morin ose une critique, certes encore voilée, ce n'est pas dans un accès de courage ou d'écoeurement, il n'a pas démissionné de son poste de ministre, mais juste parce qu'il regarde les sondages. Et qu'il a besoin de se démarquer sur un sujet qui touche l'électorat chrétien, sensible à l'accueil des étrangers. Et de se démarquer tout court.

Toutefois et ce qui est amusant, c'est que contraint de "gauchir" son discours, il se retrouve dans la position de Bayrou. D'où cette phrase assez rigolote pour un homme ayant son parcours, et qu'a relevé TF1. Il a évoqué les défections de certains qui ne manqueront pas d'arriver "quand les sondages seront mauvais, quand les plus fragiles d'entre nous auront cédé - je peux déjà vous en donner la liste -, quand les tensions se feront plus fortes".

En tout cas, voilà un homme qui parle d'expérience !

Et vous que pensez-vous de ce (petit) virage des centristes?

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