Haro sur Roselyne Bachelot après ses critiques sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy

Publié le par Gérard

Roselyne Bachelot, sur le plateau du "Grand Journal" de Canal+ à Paris, le 9 mai 2012.
Roselyne Bachelot, sur le plateau du "Grand Journal" de Canal+ à Paris, le 9 mai 2012.
(KENZO TRIBOUILLARD / AFP)
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Petites phrases assassines entre amis. Depuis la publication du livre de Roselyne Bachelot sur la campagne de Nicolas Sarkozy et la demande de l'ex-ministre d'ouvrir un "droit d'inventaire à l'UMP", les règlements de comptes n'en finissent pas. Et Roselyne Bachelot s'attire les foudres de l'ensemble de l'UMP. Retour sur un discours qui passe mal.

 

Acte 1 : "A feu et à sang", Roselyne Bachelot vide son sac

Trois jours après la défaite de l'UMP aux législatives et un peu plus d'un mois après celle de Nicolas Sarkozy face à François Hollande, Roselyne Bachelot sort A feu et à sang. Carnets secrets d'une présidentielle de tous les dangers (Flammarion). Un livre dans lequel elle critique la campagne électorale de l'ex-chef de l'Etat et ses conseillers. L'ancienne ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale y décrit certains déplacements de Nicolas Sarkozy comme des "simulacres de rencontres aseptisées"

 

Visant Claude Guéant, Patrick Buisson et Emmanuelle Mignon, Roselyne Bachelot tape particulièrement sur les conseillers de l’ancien président, qualifiés d'"âmes noires" qui ont, selon elle, trop orienté la campagne avec des "stratégies désespérées et désespérantes".


Acte 2 : Bachelot en remet une couche et veut "faire l'inventaire" de Sarkozy

Le 24 juin, en pleine promotion de son livre et désormais sans mandat électoral, Roselyne Bachelot ne semble pas troublée par les critiques et appelle son camp à faire l'inventaire des années Sarkozy. "L'échéance de la présidence de l'UMP est dans quelques semaines. Qu'est-ce qu'on va faire, on ne va rien dire ? On a perdu la présidentielle et les législatives. On a laissé une centaine de nos compagnons sur le terrain, on va passer au milieu des cadavres en chantonnant ?", s'interroge, ironique, l'ancienne ministre.

 

Acte 3 : L'UMP réplique et attaque Bachelot

Les réactions ne se font pas attendre. Le 25 juin, l'ancienne députée UMP Valérie Rosso-Debord accuse Roselyne Bachelot de se "faire de l'argent sur le dos de Nicolas Sarkozy" avec son livre.

Le même jour, Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, se dit "choqué" par la polémique. Sans citer Roselyne Bachelot, il explique : "Quand je vois un certain nombre de personnalités qui ont été ministres de Nicolas Sarkozy, ont eu une très grande proximité avec lui, les entendre dire des choses à l'opposé de ce qu'elles ont fait, ce qu'elles ont dit, ça me stupéfie un petit peu !"


Pour Henri Guaino, le livre de Roselyne Bachelot est d'une "profonde vulgarité". "Je ne commente pas un livre d'une telle vulgarité de pensée, d'attitude, de comportement, les auteurs ressemblent souvent à leur livre", a déclaré lundi 2 juillet l'ancienne plume de Nicolas Sarkozy.

 

"Le droit d'inventaire, je suis contre. Parce que l'inventaire, c'est le passé. Le droit d'inventer, je suis pour. Parce que ça, c'est pour l'avenir", répond le 24 juin Brice Hortefeux, proche de Nicolas Sarkozy. "L'UMP ce n'est pas le Parti communiste chinois, on n'est pas obligé de faire l'inventaire, l'autocritique et la flagellation en place publique. Il faut arrêter ce genre de stupidités", fustige l'ex-ministre des Transports, Thierry Mariani, le 26 juin. "Le reniement est interdit !", renchérit le député-maire de Nice, Christian Estrosi.

 

Acte 4 : Même son ami, François Fillon, se désolidarise

Même l'ancien Premier ministre, pourtant proche de Roselyne Bachelot, s'est démarqué de cette demande d'inventaire : "Toute critique visant Nicolas Sarkozy me vise en même temps. Je suis solidaire de la totalité de l’action qui a été menée", a déclaré François Fillon dans une interview publiée le 1er juillet dans Le Journal du dimanche.

 

Acte 5 :  "24 heures dans la peau de Bachelot ? Je me suicide !"

Visiblement excédé, Henri Guaino a porté le coup de grâce. Sur Canal+, l'ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy a affirmé le 3 juillet que s'il devait passer vingt-quatre heures dans la peau de Roselyne Bachelot, il se suiciderait. Cette fois, François Fillon, présent sur le plateau en direct, a pris la défense de son amie.

Publié dans UMP FRONT NATIONAL

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