Fusillade : « une tragédie nationale » dans la campagne, à Toulouse.

Publié le par Gérard

Nicolas Sarkozy a décrété une minute de silence mardi, après qu'un homme a abattu quatre personnes, dont trois enfants, devant une école juive de Toulouse.


Policiers et enquêteurs devant l'établissement scolaire où s'est produit le drame, à Toulouse (Haute-Garonne), le 19 mars 2012 (Bruno Martin/AP/SIPA)

 

Peu après 8 heures ce lundi, un individu vêtu d'une tenue sombre et circulant en deux-roues a abattu quatre personnes – un professeur de religion de 30 ans, ses enfants de 6 et 3 ans, et un autre enfant à l'âge indéterminé –, et blessé gravement un adolescent de 17 ans, devant le collège-lycée juif Ozar Hatorah, dans le quartier Jolimont de Toulouse (Haute-Garonne).

 

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La même arme qu'à Montauban et Toulouse

Cette fusillade comporte des similitudes avec deux assassinats de militaires, survenus à Montauban (Tarn-et-Garonne) et Toulouse ces derniers jours : l'agresseur était en scooter (noir ou blanc selon les témoignages) et aurait utilisé un calibre 11.43, le même que celui qui a été fatal à trois militaires en Midi-Pyrénées.

L'une des armes utilisées devant l'école serait la même que celle utilisée pour tuer les militaires à Montauban et Toulouse, a révélé Europe 1 ce lundi en milieu d'après-midi.

BFM-TV a résumé les faits en vidéo.

 

 

Fusillade de Toulouse : les faits

Trois enquêtes distinctes ont été lancées par le parquet anti-terroriste de Paris, qui a été saisi.

LePoint.fr évoque avec prudence une première piste : en 2008, des soldats réputés néonazis avaient été renvoyés du 17e RGP, lieu de la deuxième tuerie :

« Le portrait type de ces sinistres personnages correspond aux maigres signalements dont disposent les enquêteurs pour identifier le tueur fou de Toulouse : tout en muscle, tatoué et vêtu de noir. »

 

Guéant sur place « le temps qu'il faudra »

Israël s'est dit « horrifié », de même que le grand rabbin de Paris, qui doit se rendre à Toulouse ce lundi. Nicolas Sarkozy s'est rendu ce lundi matin sur le lieu de la fusillade. Il a prononcé un discours dans lequel il a condamné un acte de barbarie avant de décréter une minute de silence dans toutes les écoles de France mardi 20 mars :

 

« Cet assassinat ne concerne pas que la communauté juive. Toute la communauté nationale est bouleversée, soyez-en certains demain dans toutes les écoles de France, nous aurons une minute de silence, ce sont nos enfants, ce ne sont pas seulement vos enfants, ce sont des images qu'on avait vues dans d'autres pays, pas dans le nôtre, on a pas d'autre choix que de résister. »

 

 

Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, a interrompu un déplacement à Mulhouse et y restera « le temps qu'il faudra ».

 

François Hollande a également fait le déplacement. Dans un communiqué, a exprimé sa « solidarité à leurs familles et à la communauté juive de France ». « Cet acte, dont le caractère antisémite est aussi évident qu'abject, endeuille toute la Nation » a-t-il écrit sur Twitter.

 

Des apparitions télé annulées

Un très gros fait divers en période pré-électorale n'est jamais anodin. En 2002, c'était l'agression de « papy Voise » qui avait tenu les médias en haleine, sur le thème, alors répété à l'envi dans la campagne, de l'insécurité.

 

Il est évidemment beaucoup trop tôt pour savoir si cet évènement aura le moindre impact dans la campagne même si Benoît Hamon, porte-parole du candidat socialiste à la présidentielle, a déclaré que la « campagne était supendue ».

 

  • Marine Le Pen annule son débat télé face à Eva Joly, prévu ce lundi soir sur France 2, dans l'émission « Mots croisés ».

Mélenchon craint « une démence raciste »

La classe politique dans son ensemble a condamné la fusillade :

  • Marine Le Pen (FN) « condamne la fusillade criminelle » et présente ses « sincères condoléances aux familles » : « Nous demandons aux pouvoirs publics de tout mettre en oeuvre pour empêcher un nouveau drame. »
  • Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) : « Après les meurtres de Montauban, ceux de Toulouse semblent indiquer une démence raciste des criminels. S'il est trop tôt pour en être sûr, il est certain que cela ajouterait l'ignominie au crime. La solidarité et la concorde que nous manifestons aujourd'hui autour de nos victimes est le meilleur rempart pour l'avenir. »
  • Eva Joly (Europe Ecologie - Les Verts)  : « Je n'ose dire que je partage la douleur des familles, je ne peux imaginer sa dimension. »

Deux heures après le drame, les controverses semblent déjà naître. Sur son compte Twitter, Corinne Lepage met en cause le climat de « haine » qui règnerait dans le pays.

 

Les écoles juives sous protection depuis 2005

Les écoles juives font l'objet depuis 2005 – et la recrudescence de violences antisémites – de mesures de protections particulières rappelle Slate : vidéosurveillance, vigiles, grillages... Il n'était pas clair, lundi à la mi-journée, si l'école toulousaine bénéficiait de ces protections.

 

MERCI RIVERAINS !

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