Copé : «Voter FN, c'est favoriser la gauche»

Publié le par Gérard

Par Jean-Baptiste Garat Publié le 03/01/2012 à 20:07  

Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, répond aux questions du Figaro dans son bureau du nouveau siège de son parti.
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, répond aux questions du Figaro dans son bureau du nouveau siège de son parti.
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INTERVIEW - Le secrétaire général de l'UMP dénonce «l'imposture» d'Hollande qui «se complaît dans le registre de l'ambiguïté».

LE FIGARO. -Que pensez-vous de l'adresse aux Français de François Hollande?

Jean-François COPÉ. - J'appelle les Français à ne pas être dupes! L'imposture de François Hollande continue: le candidat socialiste se complaît dans le registre de l'injure et de l'ambiguïté, en faisant tout pour esquiver la moindre proposition courageuse sur les sujets difficiles. Rien sur les retraites, rien sur les dépenses publiques, rien sur la sécurité, rien sur la politique internationale, rien sur la politique énergétique, rien sur l'emploi et l'activité économique… Pendant que François Hollande érige la couardise en stratégie de campagne, le président de la République, le gouvernement et la majorité sont au travail, au service de la France et des Français.

Le gouvernement confirme la mise en place d'une nouvelle forme de financement des régimes sociaux. Est-ce le retour de la TVA sociale?

L'UMP a «déposé» son brevet en parlant de fiscalité antidélocalisation, dont l'objectif est de protéger nos emplois et de renforcer la compétitivité de nos entreprises en taxant les importations, par la TVA par exemple, au lieu de taxer le travail. J'ai toujours défendu cette idée et je me félicite qu'aujourd'hui elle soit reprise par le gouvernement.

 

Parmi les autres mesures, est-il question d'assouplir les CDI et CDD?

Aujourd'hui, tout est ouvert. Mais l'une des clefs consiste à renforcer la «flexisécurité». Dans son parcours, et notamment quand il traverse une épreuve aussi terrible que le chômage, chaque Français devra être suivi et accompagné dans sa recherche d'emploi, comme dans sa formation professionnelle. Les questions d'organisation et de temps de travail, par secteur, par branche, par entreprise, devront être posées. On ne peut pas organiser le travail de manière monolithique parce qu'on ne travaille pas de la même manière dans le nucléaire, dans les services, dans le BTP ou dans l'agroalimentaire.

 

La fin des 35 heures pourrait-elle être décidée à l'issue du sommet social?

Le projet de l'UMP le propose. Mais la décision appartient au président de la République. Il a souhaité voir chacun «travailler plus et travailler mieux» pour reprendre son expression.

 

L'UMP est-elle prête pour l'élection?

Ma responsabilité, depuis ma prise de fonction il y a treize mois, était de mettre le parti en ordre de marche. Sur le fond, nous avons accompli un travail considérable, avec l'appui précieux de Bruno Le Maire, dans la préparation de notre projet. Ce travail se poursuit avec trois nouvelles conventions: la première, le 17 janvier, donnera la parole à ceux de nos compatriotes que l'on n'entend pas assez, sur une idée de Michèle Alliot-Marie. La deuxième, le 19 janvier, se penchera sur les atouts maritimes de la France ; et la troisième, le 24 janvier, reviendra sur la place de l'Europe dans la mondialisation. Nous avons également réussi à faire émerger une nouvelle génération politique qui apporte ses idées et qui est réactive quand il s'agit de répondre aux propos caricaturaux de la gauche et de l'extrême droite.

 

Combien comptez-vous d'adhérents?

Nous terminons l'année par une grande accélération des adhésions qui porte le nombre de nos adhérents à 261.000 au 31 décembre 2011. C'est d'autant plus important que tous nos adhérents à jour de cotisation sont invités à se prononcer sur notre projet. Un projet qui sera ensuite ratifié par le conseil national du 28 janvier en même temps que nos investitures pour les législatives.

 

En retardant son entrée en campagne, Nicolas Sarkozy ne prend-il pas le risque de multiplier les candidats à droite?

Aucune des personnalités qui ont annoncé leur candidature à droite ne l'ont fait en imaginant que le président de la République puisse ne pas être candidat. Leur démarche est respectable, mais chacun doit savoir que la division dans notre camp est extrêmement dangereuse.

 

Y a-t-il des marges de manœuvre dans le projet pour parvenir à des accords avec les concurrents de droite?

Cela ne fonctionne pas comme cela. L'UMP n'est pas le PS et nous n'allons pas rejouer à droite le désastre des négociations piteuses entre le PS et les Verts. Nous avons une philosophie commune, nous partageons les mêmes valeurs et, dans le cas de Christine Boutin ou d'Hervé Morin, nous avons gouverné ensemble. Toutes les raisons sont réunies pour que nous nous rassemblions.

 

Et avec François Bayrou?

Je note simplement qu'il a qualifié le projet du PS d'«insoutenable». Et je suis à l'inverse heureux qu'il ait rejoint la thèse prônée par l'UMP de promouvoir le «made in France». Tant mieux. Reste à voir quelles mesures il préconise.

 

Comment convaincre ceux de vos électeurs de 2007 qui sont tentés par la candidature de Marine Le Pen?

Je peux comprendre que beaucoup de Français, très préoccupés par les effets de la crise sur l'emploi ou le pouvoir d'achat, exaspérés par des situations d'insécurité ou inquiets de la montée de comportements d'intégristes islamistes, soient tentés par les sirènes du Front national. Mais il faut comprendre que voter pour le FN aura pour effet mécanique de favoriser la gauche, qui ne veut pas réduire les déficits mais augmenter les impôts, qui veut abroger notre législation sur les peines planchers et les mineurs multirécidivistes, qui n'a pas voté la loi contre la burqa et qui promet le droit de vote aux étrangers pour favoriser le vote communautaire… Autant d'idées qui sont à l'exact opposé de ce que veulent les Français tentés de voter pour Marine Le Pen: qu'ils aient bien tout cela en tête.

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