Comment réalise-t-on un sondage d’opinion ?

Publié le par Gérard

Sondage Ifop rendu public le mardi 13 mars 2012, capture d'écran.

Sondage Ifop rendu public le mardi 13 mars 2012, capture d'écran.

 

Hier,mardi, deux sondages sur la présidentielle donnaient des résultats tout à fait contradictoires. Explications sur les recettes utilisées lors de ces enquêtes.


Mardi 13 mars, dans la matinée, le sondage Ifop donnait Nicolas Sarkozy en tête du premier tour avec 28,5 %, François Hollande étant à 27 %.  

 

Mais le sondage TNS Sofres rendu public dans l'après-midi replaçait Nicolas Sarkozy (26%) derrière François Hollande (30%) au premier tour.

 

Fait d'autant plus surprenant, les deux enquêtes d'opinion ont été réalisées au même moment. Alors comment expliquer que les résultats soient aussi différents ?

 

1. Les différentes méthodes de collecte

Lors d'une étude d'opinion, les instituts peuvent choisir entre trois types de questionnaires différents :

  • le face à face
  • par téléphone
  • par Internet

Les sondages par téléphone et Internet sont les plus répandus.

 

2. Le "panel représentatif des Français" selon plusieurs critères

Les questionnaires sont toujours réalisés sur un échantillon de personnes qui correspondent à un "panel représentatif des Français âgés de 18 ans et plus".

 

Pour le respecter, les instituts utilisent la méthode des "quotas" selon des critères de sexe, d'âge, de région, des catégories d'agglomération, de profession, et de catégorie socioprofessionnelle.

"Par exemple, 18,5 % des Français âgés de 18 ans et plus habitent en région parisienne, détaille Esteban Pratviel, chargé d'étude politique à l'Ifop. Sur 1 000 personnes, nous allons donc sonder 185 personnes vivant en région parisienne."


Pour l'âge, l'Ifop interroge entre 20 et 21% de personnes âgées de 65 ans et plus, et entre 11 et 12% de personnes âgées de 18 à 24 ans.

 

Pour le critère de sexe, 47,6% d'hommes sont interrogés, contre 52,4% de femmes. En ce qui concerne les catégories socioprofessionnelles, 28% des sondés sont des retraités, entre 13 et 14% sont des ouvriers, et entre 17 et 18% des employés.

 

La plupart du temps, l'échantillon de personnes interrogées est de 1 000 personnes, chiffre provenant d'un calcul statistique. "Pour diviser la marge d'erreur par deux, il faudrait interroger quatre fois plus de personnes… Mais cela coûterait aussi quatre fois plus cher", explique Esteban Pratviel.

 

3. La méthode du "redressement", pour réduire la marge d'erreur

Il arrive que les sondés, par pudeur, ne soient pas sincères dans leurs réponses, notamment pour parler de leurs intentions de vote.

 

Cela explique que les résultats des sondages politiques soient légèrement différents des résultats des élections. Pour réduire cette "marge d'erreur", les instituts de sondages vont pondérer les résultats. Esteban Pratviel, de l'Ifop, précise :

 

"Pour un sondage sur les intentions de vote à la présidentielle de 2012, on va demander aux sondés pour qui ils ont voté à la présidentielle de 2007. Si 8 % disent qu'ils ont voté pour le FN alors qu'ils étaient en réalité 10,5 % à le faire en 2007, on va pondérer les résultats du sondage des intentions de vote pour 2012 de 2,5 points."


4. La marge d'erreur et la prise en compte des abstentionnistes

Les résultats contradictoires des derniers sondages Ifop et TNS Sofres s'expliquent par plusieurs raisons :

  • les différents modes de recueil : le sondage TNS Sofres a été fait uniquement par téléphone, celui de l'Ifop a aussi utilisé Internet
  • la marge d'erreur : pour 30 % d'intentions de vote pour 1 000 personnes, l'Ifop considère que la marge d'erreur est de deux points. Le "vrai" pourcentage est donc compris entre 28 et 32 %.
  • les différentes méthodes de redressement : l'Ifop pondère aussi ses résultats en fonction des personnes qui ne sont pas "certaines d'aller voter". Une manière de prendre en compte la montée de l'absention en France, ces dernières années.

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