Boonen écrit sa légende

Publié le par Gérard

Grand favori de la course, Tom Boonen a répondu aux attentes en remportant Paris-Roubaix ce dimanche. Le Belge, parti seul à 50 kilomètres de l'arrivée au vélodrome, a réalisé une énorme performance pour distancer ses principaux concurrents et inscrire pour la quatrième fois son nom au palmarès de l'Enfer du Nord. Sébastien Turgot et Alessandro Ballan ont complété le podium.

Quel numéro de Tom Boonen ! Immense favori de la course, avec la pancarte comme on dit dans le jargon, le Belge a dompté Paris-Roubaix au prix d'un effort solitaire de grande classe. Très attendu et forcément marqué de près par ses adversaires, l'homme fort du printemps des classiques les a déposés un à un pour s'envoler vers sa quatrième victoire dans l'Enfer du Nord. Ce nouveau succès, après 2005, 2008 et 2009, lui permet d'égaler le record de son illustre compatriote, Roger De Vlaeminck. Il signe également un étourdissant quadruplé après avoir remporté coup sur coup le GP E3, Gand-Wevelgem et le Tour des Flandres.

Tom Boonen a aussi de la mémoire. Et c'est sans doute grâce à sa connaissance aigue de la course, de son histoire et ses fameux secteurs pavés, qu'il a signé l'une des plus belles victoires de sa carrière. En 2006, avec son maillot de champion du monde sur le dos, il avait été surpris par Fabian Cancellara. L'an dernier, le Suisse, grand favori lui aussi, avait laissé échapper un nouveau succès en raison d'une tactique de course trop attentiste et mal gérée avec le marquage à la culotte des autres prétendants. Pas question pour Boonen de s'aventurer dans une partie d'échecs indécise. La stratégie mise en place avec son équipe et son manager Patrick Lefévère n'a rien eu d'attentiste, bien au contraire, puisque c'est en attaquant, avec une audace certaine, que le Flamand a construit sa victoire.

Turgot sur le podium

C'est à un peu plus de cinquante kilomètres de l'arrivée que le coureur de la formation Omega Pharma-Quick Step a décidé de passer à l'offensive. Avant d'aborder le redoutable secteur pavé de Mons-en-Pévèle, classé cinq étoiles, soit le plus haut degré de difficulté, Boonen a accéléré, rapidement suivi par son coéquipier Niki Terpstra, qui lui a offert quelques précieux relais et une rampe de lancement pour s'en aller seul. Trop loin du vélodrome de Roubaix ? Pas pour le Belge, qui profité de la mésentente dans le groupe des poursuivants pour creuser un écart conséquent. Avec plus d'une minute d'avance dans le Carrefour de l'Arbre, Boonen a alors géré, en prenant les bonnes trajectoires, sans risquer l'ennui mécanique ou la crevaison. Et c'est avec un large sourire et en montrant fièrement quatre doigts de sa main qu'il est entré dans le vélodrome pour un tour d'honneur salué par le public.

Alors qu'il a déjà franchi la ligne d'arrivée, ses poursuivants se sont alors disputés les places d'honneur. Alessandro Ballan, troisième du Tour des Flandres le week-end dernier, est monté une nouvelle fois sur le podium, derrière le surprenant Sébastien Turgot. Avec l'aide de Terpstra, le coureur de l'équipe Europcar a recollé au trio Ballan-Boom-Flecha dans le vélodrome pour gagner le sprint et décrocher une très belle deuxième place. C'est le premier podium d'un Français sur Paris-Roubaix depuis 1997 et la victoire de Frédéric Guesdon, qui est allé au bout de l'Enfer du Nord pour la 17e fois de sa carrière. Le Breton termine sa carrière. Boonen, lui, écrit sa légende.

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