Benamou se paye Zemmour et démasque l'imposture de la gauche Naulleau

Publié le par Gérard

 

Comme tout le monde, attiré par le buzz savamment orchestré autour de l'affrontement Zemmour-Benamou programmé sur France 2, j'ai contemplé ce spectacle

hier soir à la télévision.

 

(Merci à FullHDReady pour la vidéo)

 

Que dire?

 

Petit préalable, les applaudissements ou les huées qui saluent les saillies les plus violentes, les moins argumentées, sont, tout bien considéré, assez gênants. Cela donne aux échanges un côté jeu du cirque qui ne sied guère au débat d'idées. « Fasciste! » dit l'un, « Stalinien! » dit l'autre, et la foule, la même foule, d'applaudir l'un comme l'autre parce que l'un comme l'autre ont proféré une sorte d'invective. Et le téléspectateur de s'interroger: le public de l'émission ne serait-il pas composé de neuneus?

 

On ne pourra pas juger ici du fond du débat. On se demande même si Benamou, fin communicant, n'avait pas décidé de se payer Zemmour dès la première attaque relative à son livre. De toutes façons, pour dire la vérité, du strict point de vue de la stratégie de communication, si Benamou avait opté pour ce choix, on ne peut que l'approuver. Zemmour étant plus que prévisible car systématique, il était facile pour l'ancien conseiller du président de choisir la stratégie de riposte la plus adaptée.

 

Mais finalement, l'aspect de le plus instructif de cet échange ne réside pas dans l'affrontement lui-même.

 

Tout au long du « débat », j'ai observé Eric Naulleau. Silencieux. Gêné. Mal à l'aise. On l'aperçoit à plusieurs reprises sur les plans de coupe. Visiblement, cet affrontement le dérange.

 

Et c'est là que l'on touche au point essentiel.

 

Dans le dispositif initial de l'émission, Eric Naulleau est censé être le contre-point de Zemmour. Naulleau est l'homme de gauche, l'intello bobo, le progressiste, le rebelle.

 

Hier soir, logiquement, naturellement, politiquement, médiatiquement, Naulleau aurait dû intervenir en faveur de Benamou. La dénonciation des propos de Zemmour sur les délinquants noirs ou arabes, l'invraisemblable chronique de RTL sur l'avortement, tout cela aurait dû conduire Naulleau aux côtés de Benamou.

 

Ben non.

 

Lorsque Naulleau intervient enfin, c'est pour venir au secours de Zemmour, pour indiquer qu'il voulait poser la même question que Zemmour, sur le même passage du livre de Benamou relevé par Zemmour. Ce faisant, Naulleau se place objectivement sur la même ligne idéologique que Zemmour. CQFD.

 

La starisation de Naulleau l'a conduit peu à peu à ne plus être en phase avec ce qu'il professait auparavant.

 

Hier soir, en se payant Zemmour, Benamou a aussi démasqué Naulleau. Par copinage, amitié, vertige de la pipolisation, Naulleau a quitté les rangs de la gauche tandis que Benamou les rejoignait de nouveau.

 

Évidemment, beaucoup de lecteurs seront tentés d'objecter que tout cela n'a pas vraiment d'importance. A cela, on répondra que l'on aimerait être certain que le public de neuneus qui applaudit sur le plateau de la même façon les « fasciste! » ou « stalinien! » sans se demander s'il n'y a pas une légère différence entre les deux notions, n'est pas aussi le public ordinaire de l'émission, situé de l'autre côté du téléviseur. Parce que si ce public continuait à croire que que l'on peut être de présenté de « gauche », comme Naulleau, tout en applaudissant et approuvant Zemmour lorsqu'il dit n'importe quoi sur les délinquants noirs ou arabes ou l'avortement, cela serait plus qu'inquiétant.

 

Merci à Georges-Marc Benamou d'avoir démasqué l'imposture.

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