Aux Corréziens, Hollande promet de se «cramponner»...

Publié le par Gérard

François Hollande, ce samedi, à Tulle.
François Hollande, ce samedi, à Tulle. Crédits photo : JEAN-PIERRE MULLER/AFP
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Le candidat socialiste à la présidentielle a présenté ses vœux samedi aux Corréziens, le département où il revendique ses «racines politiques».

(De notre envoyé spécial à Tulle)


Maintenant, il est d'ici. A Tulle ou dans les environs corréziens, François Hollande, ce fils de Normandie élevé en région parisienne, se sent désormais chez lui. Peu importe qu'il ne se soit jamais réellement installé: il occupe toujours le même logement depuis des années, un petit appartement dans un bâtiment sans charme. «Je n'ai pas cherché à devenir propriétaire, mais à être approprié», réplique-t-il. Depuis sa première candidature en 1981 et son premier mandat local, en 1983, il a souvent traversé la région. Les gens l'ont adopté.

 

«Je les connais tous», sourit-il en visitant le marché de l'église, samedi matin, seul, sans élus autour de lui et presque sans journalistes. Il salue presque tout le monde sur son chemin. L'accueil est affectueux. On lui souhaite bonne année, on prend des nouvelles de sa compagne, on l'interpelle sur les aléas de la vie locale. «Ils sont très protecteurs avec moi», reconnaît François Hollande, qui s'enquiert en retour de chacun. «Je sais ce qu'ils me renvoient», ajoute-t-il. En Corrèze, il a ses «capteurs» et surtout sa «source de légitimité».

Arrivé la veille dans la région, pour la séquence traditionnelle des vœux, François Hollande est là pour son dire son lien avec ce territoire. «Je crois qu'il faut être situé, identifié, dire qu'on est de quelque part», insiste-t-il en revendiquant ses «racines politiques» en Corrèze. Il veut se distinguer de son adversaire. «Nicolas Sarkozy n'est pas regardé comme quelqu'un qui a un lien» avec un territoire, estime-t-il, même si le chef de l'Etat a été longtemps l'élu des Hauts-de-Seine. «Il est important que les Français sachent d'où viennent ceux qui se présentent», explique le candidat socialiste à la présidentielle.

 

Bises et poignées de main

François Hollande veut donner un peu de chair au «candidat normal» qu'il veut être. «J'ai besoin d'en dire davantage sur moi-même. C'est attendu», confie-t-il. «Je suis identifié mais pas forcément connu. Mon caractère n'est pas dans l'exhibition». Le plus secret des socialistes, finalement, a conscience qu'il faut se dévoiler pour obtenir la confiance des Français. A en croire les enquêtes d'opinion, il est parfois encore mal connu. Il doit construire son personnage. «Il vaut mieux un personnage authentique», interrompt-il avant de décrire le chemin qu'il a parcouru. «Celui qui n'a rien obtenu sans combattre. Je n'ai hérité de rien», souligne-t-il avant de revendiquer: «une ténacité, une obstination, une cohérence, une constance… Et aussi une humanité».

 

«Longtemps j'ai été relativement discret sur la Corrèze. Je ne voulais pas utiliser un territoire et il y avait Jacques Chirac». Le combat local avec l'ancien président dont la Corrèze était le fief empêchait l'identification, croit-il. Désormais, François Hollande député, président du conseil général et ancien maire de Tulle est «l'élu principal» du département.

 

De réunions en inauguration, François Hollande met en scène son ancrage et son attachement à la Corrèze. Laguenne vendredi soir, Égletons samedi matin, le repas des anciens, à Tulle ensuite qu'il ne raterait «à aucun prix»… «Je me souviens de ce que vous me disiez», leur lance-t-il. «Le mot d'ordre c'était cramponnez-vous! Il faut toujours se cramponner. Rien n'est acquis!». Sitôt descendu de l'estrade, il s'arrête à chaque table. 400 couverts, autant de bises et de poignées de main.

 

Une «pensée respectueuse» pour Chirac

Samedi après midi, c'est très officiellement, en tant que président du conseil général, qu'il présente ses vœux. «La Corrèze m'a donné le droit de parler et d'agir au nom des autres», déclare-t-il. «Elle me permet de prétendre à d'autres fonctions». Même s'il n'évoque jamais directement la présidentielle dans son discours, François Hollande prononce des vœux très politiques. Défense des fonctionnaires. Défense de l'école ensuite, lorsqu'il dénonce les fermetures d'établissement dans le département. Il évoque aussi l'ancien président, Jacques Chirac, pour qui il a une «pensée respectueuse». Bernadette Chirac, conseillère générale d'Ussel, n'est pas là en revanche.

 

Le soir, c'est face aux militants corréziens que François Hollande termine sa tournée. La salle acclame son entrée quelques instants: «François président…» «Il faudra vous entrainer, ce n'est pas suffisant», juge à la tribune, Bernard Combes, le maire de Tulle. Les Corréziens sont réservés. Une dernière fois, François Hollande leur rend hommage. «Je suis fier d'avoir fait de la Corrèze le symbole de l'alternance, du changement, du basculement de la droite vers la gauche. Parce que je l'ai fait ici, ce chemin je peux le proposer à notre payer tout entier». Passés ces mots, François Hollande reprend le fil de son discours, ses thèmes de campagne. Il ne parle plus seulement à la Corrèze.

 

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