Attentat de Karachi : le juge confirme la piste politique.

Publié le par Gérard

 

Le juge d’instruction en charge de l’enquête sur l’attentat de Karachi, qui a coûté la vie à 14 Français en 2002, a confirmé qu’il pourrait être lié à une affaire de corruption en France. Affaire susceptible d’impliquer le président de la République, Nicolas Sarkozy. Le magistrat compte demander la nomination d’un juge financier à ses côtés pour enquêter.

L’affaire de Karachi devient de plus en plus sensible. Le juge d’instruction en charge de l’enquête, Marc Trévidic, persiste à vouloir creuser la piste politique, malgré l’opposition du parquet de Paris.

Lors d’une rencontre avec les familles des victimes, il a confirmé que l’attentat pourrait être la conséquence d’une affaire de corruption partie de France, et dans laquelle le nom de Nicolas Sarkozy est cité. Quatorze Français, dont 11 employés de la Direction des constructions navales (DCN), ont été tués dans l’explosion de leur minibus, en mai 2002, alors qu’ils assuraient un contrat de livraison de sous-marins Agosta pour le Pakistan.

  Le juge d’instruction de l’affaire de Karachi se décrit comme isolé et entravé dans son enquête. Le reportage de Benoît Collombat.  (1'09")
 

A l’époque, la piste d’Al Qaïda était privilégiée. Mais lentement, des présomptions sont remontées à la surface, dirigeant les soupçons des enquêteurs vers une action commanditée par les militaires pakistanais, à la suite d’un imbroglio sur le paiement de commissions.

Marc Trevidic qui, selon l’avocat des familles, a insisté sur son manque de moyens pour enquêter, “laissé seul avec sa greffière”. Il compte demander la co-désignation d’un juge financier pour creuser ce sillon, alors que le parquet de Paris refuse d’ouvrir une procédure sur le volet financier de l’attentat, les estimant prescrits.

AU PLUS HAUT NIVEAU DE l’ETAT

Le juge d’instruction a informé les familles que son enquête confirmait bien que 83 millions d’euros de commissions, convenues dans le cadre du contrat sur les Agosta, étaient en partie revenues en France, ce que l’on appelle des “rétro-commissions”. Un Libanais, Ziad Takieddine, aurait servi d’intermédiaire.
Les sommes auraient été versées sur les comptes d’une société créée au Luxembourg par la DCN, avec l’aval du ministre du Budget de l’époque, un certain Nicolas Sarkozy.

L’avocat des familles des victimes de l’attentat de Karachi, Me Olivier Morice, a assisté à l’entretien entre ses clients et le juge d’instruction. Il confirme que la piste politique est privilégiée.  (0'52")
 

Selon l’interprétation des familles des victimes, cet argent aurait servi à financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, soutenu à l’époque par Nicolas Sarkozy. Après la victoire de Jacques Chirac, les paiements se sont interrompus au Pakistan comme au Luxembourg. C’est cette interruption qui, selon les familles, aurait conduit à l’attentat, sept ans plus tard. Quoiqu’il en soit, le juge d’instruction aurait déclaré que au plus haut niveau de l’Etat, on sait parfaitement pourquoi il y a eu arrêt du paiement des commissions.”, selon l’avocat Olivier Morice. Le magistrat de demandé la déclassification de documents estampillés “secret défense”. Il attend qu’elle ait lieu.

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