Attaque du RER D : interpellation d'une quinzaine de personnes à Grigny

Publié le par Gérard

Une rame de RER.
Une rame de RER. (Photo Miguel Medina. AFP)

actualisé Une opération de police a donné lieu dans la matinée à l'arrestation d'une quinzaine de suspects du détroussage mené le 16 mars sur les passagers.

Par AFP

La police a interpellé mercredi seize personnes, dont treize mineurs, suspectées d’avoir participé à l’agression d’usagers du RER D, le 16 mars, lors d’une attaque qui n’avait pas fait de blessé mais relancé la polémique sur l’insécurité des transports en région parisienne.

 

Environ 190 policiers, dont une équipe du Raid (unité d’élite de la police), ont pénétré vers 6 heures dans la gigantesque copropriété de Grigny 2, située tout près de la gare RER de Grigny-Centre (Essonne) où, le 16 mars vers 22h30, plusieurs passagers du RER D avaient été rançonnés par une vingtaine d’individus qui les avaient forcés à remettre leurs portables, portefeuilles et sacs à mains.

Lors de l’opération de police, qui visait vingt personnes, seize jeunes âgés de 14 à 18 ans ont été interpellés, a déclaré lors d’un point-presse le directeur départemental de la sécurité publique de l’Essonne Luc-Didier Mazoyer, précisant que la quasi-totalité habitait cette cité sensible classée zone de sécurité prioritaire (ZSP). Des sources policière et judiciaire avaient fait état plus tôt d’une interpellation à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

«Grâce aux vidéos et aux témoignages, nous avons été capables d’identifier un certain nombre de personnes que nous suivions depuis plusieurs semaines et que nous savions capables de commettre de tels méfaits», s’est félicité Luc-Didier Mazoyer. Les interpellations se sont déroulées «sans incident majeur», a-t-il ajouté. Les suspects ont été placés en garde à vue dans les locaux de la sûreté départementale de l’Essonne, chargée de l’enquête.

Selon le procureur d’Evry, Eric Lallement, certains d’entre eux sont également soupçonnés d’avoir participé à deux autres attaques de moindre ampleur perpétrées les 13 et 15 mars, toujours sur le RER D. Des éléments utiles à l’enquête ont été saisis au domicile des suspects, notamment des ordinateurs, des téléphones portables ou des vêtements susceptibles d’appartenir aux usagers dépouillés de leurs biens, a-t-il ajouté.

«Pas le far west»

L’agression dans le RER, qui n’avait duré que quelques minutes et n’avait pas fait de blessé, avait beaucoup impressionné, relançant une polémique alimentée par la droite sur l’insécurité dans les transports d’Ile-de-France. Le maire PCF de la ville, Philippe Rio, a fait part à l’AFP de son soulagement après les interpellations, dénonçant un «acte grave mais imbécile». «Grigny ce n’est pas le far west, mais ce n’est pas non plus le pays des bisounours», a-t-il expliqué.

Philippe Rio demande une sanction «appropriée», mais souligne surtout «la faute morale de ces jeunes» qui va renforcer, selon lui, la «discrimination à l’adresse» dont sont victimes les habitants de Grigny. «Leur acte jette le discrédit sur une majorité silencieuse qui ne demande qu’à vivre tranquillement», estime-t-il.

D’après des témoignages et des images de vidéosurveillance, une vingtaine de jeunes au visage dissimulé avaient pris part à cette attaque, passant de wagon en wagon après avoir actionné le système d’alarme et attaquant «le plus de monde possible», selon le récit d’un étudiant d’Evry qui se trouvait à bord. Les deux autres incidents s’étaient déroulés selon le même mode opératoire.

Au total, sur les trois attaques, une vingtaine de victimes de vols avec violence ont été recensées et une quinzaine de plaintes déposées, a détaillé le procureur. «C’est un nombre relativement limité de victimes par rapport au nombre de personnes qui se trouvaient dans les rames», a-t-il précisé. La ligne D transporte chaque jour 550 000 voyageurs.

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, s’est félicité auprès du Parisien.fr des interpellations de mercredi matin. «De tels actes ne doivent pas rester impunis», a-t-il dit. «Comme les personnes visées représentent un réel danger, nous avons voulu le soutien des membres du RAID. Nous avions ces individus en ligne de mire depuis plusieurs jours», a-t-il précisé.

La peine maximale pour de tels faits, vols avec violence commis en réunion dans un moyen de transport, est de dix ans de prison.

Commenter cet article